Le forum de Dakar est réussi, mais s'achève sur un échange houleux

Après deux jours de débat à Dakar, le premier Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique s'est terminé mardi 16 décembre. La diplomatie française était co-organisatrice de l'évènement, ce qui avait généré un grincement de dents du côté de l'UA. Pour autant, chacun s'accorde à dire que ce Forum a été le lieu d'un dialogue constructif. Mais une fois de plus, la question du terrorisme en Libye a focalisé l'attention des chefs d'Etat. Elle a même suscité quelques échanges tendus autour de la responsabilité de l'Alliance atlantique dans la chute de Kadhafi.

De l’avis de ses organisateurs, le Forum de Dakar est un succès. Pour Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, le pari du Forum a été relevé par le Sénégal. Même l’Union africaine (UA), plutôt réticente à l’idée de voir la France co-organiser la rencontre, assure par la voix de son commissaire à la Paix et à la Sécurité, Smaïl Chergui, que le Forum a permis aux partenaires africains de s’entendre dans « un dialogue au service de la paix universelle ».

Après les travaux, le président de l'Institut panafricain de stratégie Cheikh Tidiane Gadio a assuré en conclusion que l’Afrique se retrouve face à des mouvements toujours plus radicalisés, mais que la lutte contre ces mouvements nécessite d’identifier les failles sociales dans lesquelles s’engouffrent les terroristes. « Le terrorisme, un fléau qui n’a pas de visage, n’a pas de nationalité et se nourrit d’interprétations erronées », a dit le président tchadien Idriss Déby.

Preuve que sur les questions de sécurité en Afrique, la parole a été très libre à Dakar, un épisode notable a marqué la fin du Forum, lorsque le Mauritanien Mohamed Ould Abdelel Aziz a regretté que certains pays paient des rançons aux preneurs d’otages. La réaction de Jean-Yves Le Drian à la tribune, une petite grimace, fut tout aussi notable.

Les chefs d'Etat africains interpellent la France sur le dossier libyen

Jean-Yves Le Drian n'en était pas à sa dernière grimace. Pendant le Forum, plusieurs chefs d'Etat et le ministre français se sont interpellés en public, devant les quelque 300 personnes invitées et devant les journalistes. Mais cette fois-ci, c'est le thème libyen, facteur déstabilisant dans la région, et notamment au Mali, qui les a occupés.

« Notre présence à nous, Maliens, est un témoignage de ce que nous sommes aujourd’hui et de ce que nous aurions pu devenir, sans l’intervention décidée il y a deux ans par François Hollande », a affirmé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta en ouverture. Mais d'ajouter : « Tant que le problème sud-libyen ne sera pas résolu, nous n’aurons pas la paix. »

Puis le Sénégalais Macky Sall n'y est pas allé par quatre chemins pour demander aux Occidentaux, et donc aussi aux Français, de terminer le travail qu’ils ont laissé inachevé en Libye en 2011. « Malheureusement, la Libye est un travail inachevé, a-t-il dit. Il faut que ceux qui l’ont entamé puissent nous aider à le terminer. A cela, il faut ajouter les influences venues d’Egypte, avec les Frères musulmans qui, par vagues, rejoignent ce pays ; et le commerce du pétrole qui se poursuit et qui alimente le financement de l’armement. Donc, c’est véritablement une poudrière pour la zone sahélienne, qu'il convient de traiter de manière appropriée. »Approbation dans la salle.

Une nouvelle intervention de l'Otan jugée obligatoire et décisive

C'est alors que le ton a changé, lorsque le Tchadien Idriss Déby, premier allié militaire de la France au nord du Mali, a rebondi sur les propos de son homologue sénégalais pour lui lancer : « Mais non Macky, le travail en Libye, les Occidentaux et l’Otan l’ont bien achevé puisqu’ils voulaient tué Kadhafi et qu’ils l’ont bien tué ! Le problème, c’est qu’ils n’ont pas mené le service après-vente. » Nouveaux applaudissements dans la salle, nouvelle grimace pour Jean-Yves Le Drian.

Et Idriss Déby de poursuivre : « En Libye, la solution n’est pas entre nos mains, mais entre celles de l’Otan, qui doit détruire les terroristes comme elle a détruit Kadhafi. » Avant de prendre Jean-Yves Le Drian par le bras pour lui dire : « Monsieur le ministre, vous m’excuserez pour ces vérités, mais c’est vraiment à nos amis occidentaux de trouver une solution dans ce pays. » Et ce dernier de lui répondre diplomatiquement : « Oui, la question libyenne est devant nous, il est nécessaire que la communauté internationale s’en saisisse. »

Est-ce finalement mal que de voir le débat s'installer publiquement et sans concession sur les sujets majeurs ? N'était-ce pas, au fond, l'opportunité de le faire ? La conclusion revient au Sénégalais Macky Sall : « La parole s’est libérée ce soir, rendez-vous dans un an. Inch'Allah ! »

Par RFI

 

Gestion transparente des finances publiques: la section des comptes aux trousses des comptables de fait

 

Le Groupe de suivi budgétaire dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration de la gestion des ressources publiques de l’Etat et des collectivités, vient d’initier la semaine de la transparence budgétaire du 27 au 31 octobre 2014. Il s’agit là pour le GSB d’inciter à la participation, la transparence et le devoir de rendre compte. C’est dans ce cadre qu’une conférence débat a été initiée au Grand hôtel de Bamako pour débattre du rapport de l’exercice 2012 de la section des comptes de la Cour Suprême (SCCP). C’était en présence du président de la section des comptes de la Cour Suprême, Kloussama Goïta et de ses conseillers, du président du GSB, Tiémoko Souleymane Sangaré, des représentants des institutions de la république, des départements ministériels, des organismes et associations de la société civile du Mali.

 

L’objectif de ce débat public était d’instaurer un dialogue entre les acteurs pour une plus grande compréhension du contenu du rapport et les perspectives en matière de contrôle et de vérification des finances publiques par la section des comptes de la Cour Suprême.

L’exercice était risqué aux yeux de certains pour une structure du pouvoir judiciaire à un moment où les résultats de vérification et de contrôle animent tous les débats. Mais, il a tenu ses promesses car a permis aux citoyens de comprendre le fonctionnement de la SCCP en tant que juridiction supérieure de contrôle des finances publiques ses forces, ses faiblesses et surtout les illégalités dans lesquelles, travaillent certains comptables publics.

Dans la cinquantaine de diapo, Kaba Diakité de la chambre de vérification, a brièvement présenté la SCCP, ses missions et les activités menées comme contenues dans le rapport 2012 de la SCCP.

La section des comptes de la Cour Suprême existe depuis l’indépendance, comme une entité du pouvoir judiciaire. Elle juge les comptes des comptables publics des deniers tels que défini par la réglementation en vigueur, vérifie la gestion financière des agents chargé de l’exécution du budget national, contrôle les comptables matières etc.

A travers le rapport de d’une centaine de pages, il ressort des constats que les procédures de la SCCP dont les missions sont colossales, sont lentes, longues et lourdes. En plus, des insuffisances qui incriminent l’exécutif des différents pouvoirs qui se sont succédé à la tête du Pays.

Par exemple de l’indépendance jusqu’en 2008, aucun comptable public n’a été jugé. « De 1960 à 2008, aucun compte de gestion d’un comptable public n’a été jugé au Mali et aucun n’a été déchargé de sa gestion », tempête le président de la SCCP, Kloussama Goïta. Pour lui, les comptables publics dans leur écrasante majorité travaillent dans l’illégalité, car n’ayant pas constitué de caution, ni prêté serment devant le juge des comptes comme le prévoit la loi.

A la question de savoir que fait la SCCP face aux irrégularités, le président Goïta rassure : « La SCCP est entrain de s’y mettre. Face aux comptables en irrégularité, vous pouvez nous aider aussi en dénonçant tous ceux qui n’ont pas constitué de caution, ni prêté de serment. A ce jour, une centaine ont déjà prêté serment. Nous ne faisons le jeu de personne. Notre démarche est lente, longue et lourde ». Sans se dédouaner des critiques, le président de la SCCP a expliqué qu’il travail avec les moyens de bord. « Nous jugeons les comptes de 2009 aujourd’hui », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la comptabilité matière, le président est indigné. « Aucun comptable matière n’a déposé sa caution ou prêté serment ». Et le président de la SCCP de prévenir les fautifs que tôt ou tard qu’ils le trouveront sur leur chemin.

La satisfaction était grande pour le président du GSB, l’ensemble des associations membres du GSB et l’ambassade du Royaume du Danemark (partenaire financier). « Le GSB dans le cadre de son projet d’appui aux initiatives de contrôle citoyen, poursuivra la sensibilisation et la formation de la société civile afin qu’elle joue pleinement son rôle », a déclaré Tiémoko Souleymane Sangaré.

Rappelons que la semaine de la transparence budgétaire initiée par le GSB du 27 au 31 octobre prévoit plusieurs activités à savoir un sketch (vidéo et audio) sur la participation, la transparence et le devoir de rendre compte qui sera diffusé sur les antennes radio et l’ORTM, l’organisation des rencontres d’échange et de partage sur le code de transparence et son décret d’application dans les régions de Sikasso et Gao.

Daouda T. Konaté

 

Résolution des conflits et le maintien de la paix en Afrique: Des journalistes africains à l’école du CCCPA !

C’est au Caire, la capitale égyptienne, que se tienne une série de stages de formation de journalistes africains sur le thème « Médias et conflits) initiée par le Centre du Caire pour la résolution des conflits et le Maintien de la paix en Afrique (CCCPA) en collaboration avec le gouvernement japonais et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). La première phase qui s’est déroulée du 17 au 21 août 2014 à l’Hôtel Fairmont, a réuni les confrères du Mali, de la République Démocratique du Congo, du Togo, de l’Ouganda et des confrères égyptiens.

Au cours de ce stage de formation qui a duré cinq jours, plusieurs thèmes relatifs aux conflits en Afrique et le rôle du journaliste dans la résolution de ces crises qui freinent le développement du continent africain. Il s’agit entre autres de « l’analyse des conflits en Afrique », « le challenge de la paix et de la sécurité en Afrique », « les négociations pour la paix : mesures de confiance », « Médias et Démocratie », « le reportage en zone de conflit », « l’objectivité dans le reportage d’un conflit », « le cadrage des conflits par les médias », « la responsabilité sociale du journaliste », « les lois internationales sur la protection des journalistes en zone de conflits » etc. Un stage de haut niveau animé par un panel composé de journalistes confirmés et très expérimentés et d’autres spécialistes dans d’autres domaines.

Tous les thèmes ont fait l’objet de débats, d’échanges et de commentaires entre conférenciers et participants. Les conflits au Mali, au Nigéria (Boko haram), en Centrafrique, les révolutions arabes notamment en Tunisie, en Egypte et en Libye ont été largement évoqués lors de cette rencontre.

Le cas Libyen qui occupe l’actualité a notamment pris en exemple pour non seulement mettre en évidence toute la complexité des conflits en Afrique et le cadrage que font les médias occidentaux de ce conflit, mais aussi et surtout déterminer le rôle que doivent jouer les médias internationaux et nationaux (libyens) pour la résolution de la crise. Un accent particulier a été mis sur l’objectivité dont doit faire preuve les médias dans la couverture des médias. 

La rencontre a donc permis aux participants venus d’Afrique subsaharienne et du Maghreb de partager des expériences et d’acquérir de nouvelles connaissances sur les pratiques journalistiques afin d’être à même de jouer pleinement leurs rôles dans la résolution des conflits en Afrique. 

Le Directeur du CCCPA, Ashraf Swelam, lors de la cérémonie de clôture saluant la participation active des participants, a réaffirmé l’engagement du centre à s’impliquer davantage à la résolution des conflits en Afrique.

A rappeler que cette formation était la première d’une série de stages d’aptitude qu’organise le CCCPA dans le cadre de son programme pour la résolution des conflits en Afrique. Trois autres stages de formation sont aussi prévus  du 24 août au 11 septembre auxquels d’autres confrères devront prendre part.

Daouda T. Konaté, envoyé spécial au Caire (Egypte)

 

 

 

 

 

 

 

 

Burkina – au moins 100.000 manifestants à une marche contre la révision de la constitution, à Ouagadougou

Au moins 100.000 manifestants à une marche de l’opposition politique burkinabè, étaient massés samedi à environ 3 Km de la résidence présidentielle, se disant « contre un référendum » pour modifier l’article 37 de la constitution du pays devant permettre à Blaise Compaoré un troisième mandat en 2015. Des manifestants contre la révision de la constitution, samedi à Ouagadougou

« Cette mobilisation gigantesque, historique est un message fort » au président Compaoré, a déclaré le leader de l’opposition, Zéphirin Diabré, se réjouissant que leur marche, sur un itinéraire d’environ huit kilomètres, se soit « déroulée dans le calme, sans violence », a constaté un journaliste de ALERTE INFO.

M. Diabré, président de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), a invité les militants de l’opposition à « rester mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre à venir », laissant la foule en liesse et dans l’euphorie.

Sur les pancartes brandies par des manifestants, l’on pouvait lire : « non au référendum, non à la modification de l’article 37, non au pouvoir à vie, Compaoré dégage, Compaoré notre ébola », faisant allusion à l’épidémie mortelle qui sévit en Afrique de l’Ouest notamment au Libéria, Guinée Conakry, Nigéria et Sierra-Leone.

Des mouvements de jeunes, notamment « le Balai citoyen (Cibal), Brassard noir (MBN), le Collectif anti-référendum (Car), Ca suffit, le Front de Résistance Citoyenne (FRC), se réclamant « républicains », ainsi que des manifestants venus de l’intérieur du pays, ont participé à la marche de l’opposition.

En marge de cette marche meeting, plus de 2.000 femmes du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), réunies à la Maison du peuple de Ouagadougou, au centre-ville, réaffirmaient leur « soutien au président Blaise, homme de paix », estiment-elles.

Selon l’article 37 de la constitution, Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, ne devrait pas se présenter en 2015 pour un troisième mandat. Mais la coalition des « 49 partis politiques », le Front républicain, acquis à sa cause, souhaite un référendum pour déverrouiller la clause limitative de mandats présidentiels.

M. Compaoré ne s’est lui-même pas officiellement prononcé sur sa candidature sa candidature à l’élection présidentielle de 2015.

ZHA

 

 
 

Boko Haram proclame un "califat islamique" dans une ville du Nigeria

Le chef du groupe islamique armé Boko Haram, Abubakar Shekau, a  déclaré un "califat islamique" à Gwoza, une ville du nord-est du  Nigeria, dans  une vidéo obtenue dimanche par l'AFP.

"Merci à Allah  qui a donné à nos frères la victoire à Gwoza", qui désormais  fait  "partie du califat islamique", déclare Shekau dans une vidéo de 52   minutes. "Nous n'allons pas quitter la ville. Nous sommes venus  pour rester",  affirme Shekau, qualifié de "terroriste à l'échelle  mondiale" par les  Etats-Unis qui ont mis à prix sa tête pour 7 millions  de dollars.

Selon l'agence humanitaire des Nations unies (Ocha), Boko Haram s'est emparé  en août de Gwoza, dans l'Etat de Borno. Depuis  avril, Boko Haram s'est emparé  de nombreuses localités et contrôle des  zones entières du nord-est du pays d'où  l'armée a disparu, selon les  témoignages d'habitants, de responsables de la  sécurité et d'experts

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