Interview exclusive de l’ancien Président de l’Assemblée nationale : Les réponses du Pr Ali Nouhoum aux « émissaires de Hamadoun Kouffa », « Nous sommes devenus un marché intérieur algérien »

Dans une interview exclusive qu’il a bien voulu nous accordée, l’ancien Président de l’Assemble nationale du Mali et du Parlement de la CEDEAO, Pr Ali Nouhoum Diallo, un des présidents d’honneur de l’ADEMA/PASJ et une des personnalités emblématiques du Pulaaku, nous livre les réponses qu’il a données aux « émissaires de Hamadoun Kouffa », venus le voir pour tenter de le mettre en contact avec cet influent prêcheur de la région de Mopti et une partie de Ségou. Il aborde également les causes profondes de la crise malienne et commente la décision du Président de la République de surseoir à l’organisation de son référendum. Lisez plutôt.

 

La Lettre du Peuple : Professeur, confirmez –vous que « les émissaires » de Hamadoun Kouffa sont venus voir ici à la maison ?

Pr Ali Nouhoum Diallo : Je ne sais pas si ce sont des gens d’Hamadoun Kouffa mais des jeunes gens sont venus ici dont un j’ai retenu son prénom et son nom. Son nom, c’est Ali Kelly. Les autres je n’ai retenu que les noms de familles. Un Sow, un Bah et un Diallo. Donc, ils étaient quatre. Dans les temps qui courent, avec les problèmes auxquels ils sont confrontés, on a toute sorte de jeunes du Pulaaku, de culture Peul. Même si ethnologiquement, sur le plan anthropologique, ce sont des Bamanans, des Bozos, des Dogons, des Sonrhaï. Tout ce monde, nous le qualifions d’appartenance au Pulaaku, à la culture, à la façon d’être, à la façon de vivre des Peuls. Donc, la situation du monde du Pulaaku aujourd’hui et les terroirs où ils vivent qui ont été occupés amène beaucoup de jeunes gens à vouloir en profiter pour pouvoir trouver un emploi, qui dans l’armée, qui dans la gendarmerie, qui dans le corps des gardes, qui dans la police, qui dans la fonction publique, sans concours. Donc, forcement s’il y a une figure du monde Peul qui leur apparait comme susceptible d’avoir de l’influence et de pouvoir faire leur promotion, ils viennent à cette figure. Ils se présentent comme ils pensent qu’ils pourront intéresser cette figure. C’est comme cela que je perçois beaucoup de visites à la maison ici. Donc, ils sont venus, ces jeunes gens dire : « Professeur, Président, Tonton, Papi, selon le vocabulaire de chacun, nous nous sommes en mesure de vous mettre en accord avec Hamadoun Kouffa. Hamadoun Kouffa serait prêt à discuter avec vous. Mais son problème c’est que même si vous vous mettez d’accord sur un point et que vous arrivez à convaincre même le Chef de l’Etat de ce dont vous avez convenu tant que la France ne sera pas d’accord ce dont vous avez convenu ne pourra pas être exécuté ». C’est pour cela que pour Hamadoun Kouffa, la condition d’ouverture d’un dialogue, c’est que Barkhane et la Minusma ne soient plus au Mali. En ce moment là, il peut être sûr qu’il parle à un homme d’Etat libre, libre de sa parole et ses actions.

Quand j’ai écouté tous les commentaires autour de cette parole centrale, je dis bon, vous vous pouvez voir Hamadoun Kouffa ? Ils disent oui. Je dis, allez lui dire, moi aussi je me pose la question suivante, plus une autre, plus une troisième: je discute avec lui, nous tombons d’accord, j’arrive à convaincre le Chef de l’Etat de ce dont nous avons convenu, est-ce que si Iyad Ag Aghali n’est pas d’accord, cela pourra s’appliquer ? Deuxième question : s’il arrive à faire en sorte que je rencontre Iyad ou moi-même par mes propres moyens, je rencontre Iyad, je me mets d’accord avec lui sur la solution au problème du moment du Mali, je convaincs le Chef de l’Etat que cela est la solution, est-ce que si Moctar Bel Moctar n’est pas d’accord, la décision que nous avons prise ensemble pourra être appliquée ? Est-ce que si la nébuleuse Al Qaïda et Daesh ne sont pas, elle pourra s’appliquer ? Si une puissance comme l’Algérie n’est pas d’accord, est-ce que la décision pourra être appliquée ? Dernière question : le constat que je fais à partir de vos propos est que lui, Hamadoun Kouffa, Iyad Ag Aghali, nous considèrent, nous les intellectuels qui sont ici autour d’IBK, comme les esclaves de l’occident. Dites leur, moi aussi que, je les considère comme les esclaves de l’orient ou d’un certain orient, les esclaves de Moctar Bel Moctar, les esclaves de la nébuleuse Al Qaïda, de Daesh et plus proche de l’Algérie, les protégés de l’Algérie. Dès lors la question la suivante : est-ce que les esclaves maliens de l’occident et de l’orient ne peuvent pas, prenant conscience de leur statut d’esclaves, se réunir et examiner, que faire pour se libérer de leurs différents maitres occidentaux et orientaux ? Se libérant, dans un combat commun, ils vont se connaitre. C’est sûr qu’ils vont apprendre à ce moment là à définir quelle est la meilleure organisation du Mali pour que le vivre ensemble que nous connaissions puisse restaurer. S’il est vrai que vous vous êtes en mesure de rentrer en rapport avec ceux là au nom desquels vous venez parler ici, allez les voir et si vous m’amenez les réponses, en ce moment là, on examinera comment je peux me déplacer pour aller rencontrer toutes les personnalités au nom desquels vous prétendez parler. Ils sont partis, je ne les ai jamais revus.

Entre temps, le Général de police Diagouraga, Haut représentant du Président de la République que je connais pour son patriotisme, pour son immense expérience, pour son expertise, pour sa détermination à trouver des solutions aux problèmes de ce pays, a réuni un certain de cadres du Pulaaku, pendant au moins trois semaines à faire définir des termes de référence d’une rencontre à Mopti pour trouver les voix et moyens de faire cesser de  couler le sang dans cette région et dans les régions plus à l’Est. Tout était vraiment prêt. La liste même des participants avait été déterminée, remise au Général. Peut être même certains responsables du Pulaaku qui ont participé à ces jours de réflexion, s’étaient mêmes rendus à Mopti pour accueillir les hommes et les femmes dont ils avaient donné les noms comme personnes ressources susceptibles de nous faire une destruction exacte de la situation d’une grande partie de la 4e, d’une partie de la 5e région et même une partie de la région de Gao et de Tombouctou. Ils s’étaient rendus sur les lieux, tout d’un coup, on leur dit la rencontre n’aura pas lieu. Nous apprenons que certains ministres dénient au Haut représentant la compétence de faire une réunion de ce genre, d‘entreprendre un tel travail. Alors que pour nous, Haut représentant du Président de la République, il ne répond que devant le Président de la République et pas devant des ministres. Il semblerait que les ministres ont réussi à bloquer. Et ça a été annulé.

Un jour j’ai vu arrivé ici une haute personnalité de la Sécurité d’Etat du Mali pour me dire que réellement, après analyse de la situation, eux chargés de la sécurité de l’Etat malien, ils sont arrivés à la conclusion que le report de cette rencontre n’a pas été heureux et qu’il faudrait que nous nous résolvons à reprendre notre bâton de pèlerins, de berger, de pasteur, pour pouvoir se préparer et aller effectivement à Mopti. J’ai dit que moi je n’ai aucun problème. Hier comme aujourd’hui,  honnêtement, à part avoir à manger, avoir où dormir, ne pas marcher nu, je ne cherche pas grande chose dans ce bas monde.  Si vous dites qu’on peut y aller, on va y aller. Nous sommes allés à Mopti. Il y avait au moins 180 participants. La salle de réunion du gouvernorat de Mopti était archi comble. J’ai retenu deux interventions essentielles, qui étaient pratiquement celles faites par les quatre qui disaient être en mesure de me mettre en rapport avec Hamadoun Kouffa. Le premier c’est un certain Ibrahima Cissé de Sofara, qui dit qu’il est même un condisciple de Hamadoun Kouffa. Il commence à faire les éloges de Hamadoun Kouffa, en disant que c’est un homme de droit, intègre, qui aime la vérité, qui n’a pas peur qu’on lui dise la vérité. Selon lui, Hamadoun Kouffa, depuis, peut être Sekou Amadou, il n’y a pas encore quelqu’un qui l’égale, en matière de prêche, de capacité d’expliquer aux hommes ce que c’est le Coran, les hadiths. La salle a bouillonné. Mais on dit : « on n’est pas là pour ça. On n’est pas pour Hamadoun Kouffa ». J’ai eu la chance, je présidais la rencontre à cause de mon âge. Je dis justement, on est là pour ça. On est là pour entendre quels sont les facteurs bloquants du processus vers la paix. Quelles sont les solutions ? Si on est en train de nous parler d’une des personnalités, qui, de l’avis de beaucoup d’entre nous, est celle là qui nous empêche d’aller vers la paix, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse écouter quelqu’un qui est en train de nous dire qu’il peut nous parler de cette personne. Et peut être qu’il pourra nous dire que faut-il faire pour rencontrer cette personnalité ?

La salle s’est tue et il a pu continuer son intervention. Quand je me suis rendu compte qu’il est dans la prêche, là, je l’ai arrêté. Je lui ai dit que j’ai entendu et écouté religieusement ce qu’il a dit. Si Hamadoun Kouffa est ce que tu viens de dire, va lui que moi Ali Nouhoum Diallo, je suis prêt à le rencontrer. Parce que, moi aussi, s’il y a une chose que je déteste dans la vie c’est le mensonge. Peut être que nous pourrons nous entendre parlant du Mali. Il y a eu un autre qui a pris la parole, entre autres. Il s’appelle Bamoye Coulibaly. Il a dit je suis de Djenné. Hamadoun Kouffa a fait ses études à Djenné. Il connait une personnalité très âgée de Djenné    aujourd’hui, à qui Hamadoun Kouffa rendait visite. Et que s’il me met en rapport avec cette personnalité, je comprendrais beaucoup de chose de Hamadoun Kouffa. Et il y a des chances que je le rencontre. Il dit pour le reste, il me verra. On va parler concrètement. Tous les deux, ils disent tout haut : si le gouverneur dit ici qu’il gère la 5e région, il l’a dit pour plaire aux ministres, sinon il n’a pas dit la réalité. La 5e région aujourd’hui et une partie de la 4e région sont gérées par Hamadoun Kouffa. Ils l’affirment ici. Advienne que pourra. Voilà exactement ce qui s’est passé. Ibrahima Cissé est venu jusqu’ici. Il s’est assis là où tu es assis en ce moment. Il est revenu sur son intervention à Mopti. Je lui ai si ce que tu dis est vrai, retourne voir Hamadoun Kouffa avec les mêmes questionnements que j’avais faits aux quatre qui sont venus me voir.

Il est parti. Entre temps, j’ai été soigné mes yeux. A mon retour, Ibrahim Cissé est revenu. J’ai dit alors : as-tu vu Hamadoun Kouffa ? Il dit honnêtement non. Mais il m’a fait dire, maintenant, ce n’est plus la peine d’aller le voir, lui. Il vaut mieux aller voir directement Iyad. Je lui ai dit : Ibrahim ce que je craignais commence. C’est toi qui vas, c’est toi qui viens. Tu me dis tantôt tchou, tantôt tcha. Tu me disais que tu pouvais nous mettre en rapport. Tu me dis maintenant d’aller voir directement Iyad. Retournes voir Hamadoun Kouffa et fais en sorte que j’entende cela de sa bouche. Fais en sorte que je le vois et que ce soit lui qui dise que je dépends d’Iyad. Parce que ce n’est pas établis que forcement il y a des liens entre eux. Il faut que je sache quelle est la réalité des choses. Ibrahim est parti. Hier (interview réalisée le dimanche 20 août) pendant que j’étais parti à l’événement organisé par une association dite de la  jeunesse intellectuelle  du Mali, dont l’animateur semble être un certain Moussa Diarra, basé en Algérie et puis  Clément Dembélé. Manifestement, c’est une jeunesse que ces deux là coiffent. Une voix m’appelle au téléphone et me dit je cherche le professeur Ali Nouhoum Diallo. Je sors de la salle, et il me dit qu’il y a un certain Bra Cissé de Kaka, nom traditionnel de Sofara, qui est venu et qui a dit un certain nombre de choses. Nous voulons savoir si effectivement tu connais Bra Cissé de Kaka. Je lui ai dis que j’ai rencontré un certain Ibrahim Cissé à Mopti et qui est venu deux fois chez moi. Et la deuxième fois c’est moi qui lui dit tant qu’il ne me mettrait pas en rapport avec Kouffa, je ne croirais pas. Il me dit, c’est vraiment vous qui l’avez envoyé. Je lui ai di, en tout cas, j’ai envoyé un certains Ibrahima Cissé de Sofara. J’ai dis au monsieur au téléphone que c’est moi qui ai dit Ibrahim Cissé d’aller voir Amadou Koufa. On a bavardé un peu. J’ai du m’absenter de la salle au moins une demie heure. Finalement, il m’a dit qu’il est un talibé.

J’avoue que j’ai douté si je n’étais même pas en train de parler avec Hamadoun Kouffa. Mais il me disait seulement qu’il est Barry. Entre les gens de Guimbala et les gens de Kounari, il y a un cousinage fort. Je lui dis que je ne suis pas de Guimbala. Je suis de Kourarou. Alors, il dit qu’il voulait s’assurer que c’est moi. Le fait qu’il m’a fait parler pendant 30 minutes, j’ai compris qu’il voudrait s’assurer que c’est effectivement ma voix. Maintenant, moi j’attends le retour de cet Ibrahim.

Concernant le Coulibaly, ce dernier aussi m’a appelé à mon retour, le jour où je rentrai de Mopti. C’est quand je suis arrivé au niveau de Djenné qu’il a appelé. J’étais avec Hassane Barry.  Il dit c’est Bamoye Coulibaly. J’ai dit Bamoye, me parler sur téléphone, ce n’est pas toujours prudent. Toute ma vie, j’ai été sur écoute. Même quand j’étais aux affaires. Je préfère qu’on s’assoie et qu’on parle. Il m’incitait à venir à Djenné et à voir le vieux Koné. Une première fois déjà, on n’avait programmé aussi une rencontre similaire à Mopti, mais tenue à Ségou pour cette fois-ci examiner  les rapports entre les peuls et les bamanas, les bozos, dans le Macina géographique. Parce que le Macina géographique prend aussi une partie de Ségou, Diabaly et tout ça. Le Macina historique, c’est le Macina de la dinna qui va jusqu’à Tombouctou, les gabero.  Cette réunion de Ségou à elle aussi été reportée plusieurs fois. Maintenant, on dit qu’elle se tiendra les 7et 8 septembre 2017. Si Bamoye me téléphone, c’est peut être dans ce sens là. Je lui ai fait savoir de dire à la personne âgée dont il parle, qu’on se rencontre à Ségou, on la mettra sur la liste des participants, même si elle doit venir témoigner une fois et puis partir. C’est une chose possible. Dans ce cas, je pourrai le trouver dans son hôtel, on va s’entretenir, définir les conditions. Bamoye m’a dit honnêtement qu’il ne promet pas que ce patriarche va vouloir sortir de chez lui, parce qu’il est très âgé. Je lui ai dis : il a plus de 80 ans ? Moi j’ai 80 ans aussi. Il me dit que ça l’étonnerait  que ce vieux accepte de sortir. Je lui dis que pour le Mali, je vais venir. J’ai dis qu’on va trouver le moyen de venir.

Si je résume, jamais, je n’ai reçu une lettre ou un acte qui prouve que c’est des émissaires de Hamadoun Kouffa ou d’Iyad. Ce sont des jeunes gens qui viennent dire qu’ils sont à mesure de me mettre en rapport avec Hamadoun Kouffa ou d’Iyad. Quand je teste, les quatre premiers ont disparu. Je ne les ai plus jamais revus. Les deux autres continuent les contacts. Ibrahim est même venu ici deux fois. Pour moi,  cette histoire de Hamadoun Kouffa selon laquelle il ne  parlera qu’à Ali Nouhoum Diallo, est une invention. Je me demande même si l’invention n’est pas politiquement fabriquée. Hier au débat, pendant que j’étais en train d’expliquer à Abdoulaye Niang, un bon petit-frère de Djoko ni Maaya, ce qui s’est passé à Mopti. À la table au panel, il me dit justement dans le cadre de la décentralisation approfondie, on n’a qu’à  donner la présidence de la région de  Mopti à Hamadoun Kouffa. Je lui dis que je ne parle pas dans cette direction. Cela n’est pas la mienne. Je suis fondamentalement un laïc. Si cela devait arriver, c’est le Peuple souverain de la 5ème région ou de toutes les zones dont on lui confiera la gestion d’en décider.  Je ne suis pas dans ça. Tout à coup, Niang dit que je me contredis. Je lui ai dit qu’on ne plaisante pas avec des choses sérieuses. Je ne suis pas dans les affaires du Mali pour blaguer comme vous qui cherchez des places. Moi, je cherche à résoudre les problèmes du Mali. On ne blague pas avec le fait de confier la gestion de la 5ème région à Kouffa.  Niang a compris et il s’est tu. Je n’ai jamais dis de confier la gestion de la 5ème région à Amadou Koufa. Mais qu’il le contrôle aujourd’hui, ce sont des personnes qui l’ont affirmé solennellement et devant les autorités. La situation étant ça, ce qui m’inquiète le plus, c’est que toutes ces crises identitaires montrent le désarroi des Maliens. Les massacres principalement d’une composante importante du Mali, les peuls, semblent laisser indifférents les acteurs de la vie politiques.  Et ces mêmes acteurs s’étonnent que des cadres émérites du Mali qui ont assumé des hautes fonctions dans ce pays se lèvent un moment pour dire non. Pendant ce temps, on rattrape  ceux qui sont rescapés, on les amène, et on fait  commerce de leur misère. On les exploite au lieu où on les a arrêtés. On les exploite quand ils arrivent à  Sévaré. On les exploite quand il arrive au camp I. On les exploite quand ils sont à la prison centrale. Et pour finir, ils payent beaucoup. Ils ont une  liberté pour des actes  infondés qu’on leur reproche. Cela n’est pas normal. Et je ne vois pas les mouvements de la société civile s’en saisir et dire halte aux massacres qui pourraient ressembler à des nettoyages ethniques ; halte à l’amalgame. Ces faits nous avalisent la situation qu’on connait dans l’Adrar des Iforas et dans tout l’est du Mali. Si nous ne voyons les cadres faire halte, nous allons le faire. Dire aux élus que nous sommes des communautaristes, cela nous fait rire. Nous sommes rentrés à l’école le 1er octobre 1946.  Le RDA est né le 18 octobre 1946. Sur le plan scolaire, nous sommes âgés que l’Union soudanaise RDA de 17 jours. Nous avons grandi avec le RDA avec le mouvement d’émancipation des Peuples africains.  Nous ne pouvons pas être des communautaristes. Cela n’est pas possible. Mais une chose est certaine que nous affirmons dans le memo du pulaaku, les peuls sont le ciment de la nation malienne. C’est ce ciment qui lie les unes aux autres, qui lie entre elles toutes les autres communautés. Nous sommes la communauté qui s’est le plus brassée avec les autres communautés. Rares sont ceux qui n’ont pas leur grand-mère peul ou grand-père peul, etc.

 

Donc, Pr vous pensez le problème du Mali dépasse Kouffa et Iyad ?

Au delà d’Iyad et de Kouffa, c’est Daesh, c’est Aqmi, c’est l’Algérie. Nous sommes devenus un marché intérieur algérien. Dans tout l’Est du Mali, aujourd’hui, sans frais de douanes, les produits algériens se déversent dans toutes les régions de cette partie du pays. Leur lait, leur jus de fruit, leur fruit, leur pétrole, leur datte, leur tapis, beaucoup de leurs produits industriels, sont vendus chez nous aujourd’hui. Nous sommes un marché intérieur algérien. Objectivement, l’Algérie a quel intérêt à ce que cela cesse. On ne peut même lui en vouloir. Tous les Etats défendent leur intérêt. Et l’Algérie de Ben Bella, l’Algérie Boudiaf, l’Algérie de Ben Breda, l’Algérie d’Aïd Ahmed, cette Algérie est finie. L’Algérie des Colonel Amrouch, cela est fini. Là aussi, il faut se rendre à l’évidence qu’une autre génération est venue. A part le Chef d’Etat, Bouteflika, Mohamed le Malien, qui peut être le seul survivant, combien d’Algériens savent ce que les Maliens ont fait pour l’indépendance de l’Algérie ? Il ne faut pas continuer à rêver. Les Etats ont des intérêts. Ceci dit, leurs intérêts  peuvent être en conflit avec les intérêts  français. Si nous permettons à la France de venir s’installer à ses portes. Si  par hasard, les intérêts des généraux français et des généraux algériens sont les mêmes, cela est une autre chose. Il faut que nous ayons la tête sur les épaules.

 

Quelle réaction par rapport à la décision du Président IBK de surseoir au référendum ?

Je me réjouis et félicite le Président de la République d’avoir su écouter son Peuple et d’avoir compris que son projet référendaire divise plus qu’il ne rassemble les Maliens. Et maintenant, qu’on a mis de côté cette constitution, qu’on s’occupe des vrais problèmes du Mali. Le Mali est divisé. Le Mali est en voie d’implosion. Hier soir encore, Hassane Barry me disait qu’on apprenait qu’il y avait des attaques au niveau de Ouinkoro dans le cercle de Bankass. C’est un poste de douane, semble t-il qui avait été attaqué. Après, il me rappelle pour me dire que c’est plus grave, car le village de Tirelie dans la commune de Sangha, cercle de Bandiagara, la commune de Boumbo et la commune rurale de Madougou, qui risquent aussi de s’affronter. Ces jours-ci, pour la 3ème fois Boni a été occupée par le MAA qui vient avec ses drapeaux et tout. Nos forces armées sont là-bas, ils ne disent rien. Il y a eu les massacres de Sari, de Diougani dernièrement, ceux qui se sont déroulés à Gondo Ougourou. Cette fois-ci, il semble que c’est plutôt les dogons qui ont été massacrés. Tous ces massacres se font alors que nous avons nos militaires là-bas. C’est cela le problème. Malgré tout nos soldats et la Minusma elle-même qui est à Douentza, cette localité fait encore l’objet d’attaque en même temps que Tombouctou. Tout cela doit nous amener à comprendre aujourd’hui que, notre problème c’est de garder au moins le pays uni. Mettons-nous tous à refaire le tronçon Sévaré-Gao. Aujourd’hui, les gens font trois jours sur ce tronçon. Non seulement, physiquement, la route ne vaut rien, mais sur le plan sécuritaire, rien ne bouge. Tous nos forains sont en danger aujourd’hui. Nos forces armées ne sont pas capables de sécuriser nos marchés et les forains qui rentrent avec leurs marchandises Je salue encore une fois, le Président de la République qui a eu l’intelligence et la sagesse de mettre de côté ce qui divise les Maliens. Maintenant qu’il s’attache à les unir autour des problèmes fondamentaux de la nation.  A son tour que la classe politique aussi arrête de ne penser  à le remplacer. C’est cela qui doit intéresser  les maliens. Maintenant IBK doit le savoir derrière qui se mettre d’accord pour construire ce pays. Il doit savoir à qui confier la magistrature suprême, les Assemblées du Peuple, l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle. Pas des présidentes qui déclarent valide une élection à Ansongo, alors qu’en vérité, à Talataï, la Cour n’a pas pu envoyer ses représentants. Ceux de l’Etat ne sont pas allés. Les urnes n’ont pas pu arriver. Au seul motif que Talataï  fait partie de l’Azawad et non de la nation du Mali. Qui a décrété cela ? Simplement ceux qui ont pris les armes. Si Madame le Président de la Cour constitutionnelle s’amuse elle aussi, aujourd’hui, du haut de sa chair de dire que le pays n’est pas occupé, elle n’a qu’à aller à Kidal.  Il faut dire le droit. Il faut éviter la politique quand on fait le droit. Si tu fais la politique alors que tu devrais dire le droit, les citoyens ont le droit de contester tes décisions et tes arrêts. Cela est évident. Et nous on ne va pas s’incliner parce que la Cour constitutionnelle a dit. Quand la Cour constitutionnelle dit des choses contraires à la réalité des faits, les citoyens ont aussi le droit de contester.

Interview réalisée par Youssouf Bamey

La lettre du peuple

Début de normalisation : Le gouverneur Sidi Mohamed ICHRACH accueilli à Kidal

Le gouverneur Sidi Mohamed ICHRACH est arrivé à Kidal mercredi 23 août 2017. C’est un grand pas franchi dans le processus du retour de l’administration dans cette ville sous contrôle de la coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) depuis mai 2014.

Nommé gouverneur de Kidal par le conseil des ministres du 17 février 2017, Sidi Mohamed ICHRACH est arrivé hier aux environs dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas. Il a été accueilli par les éléments de la Cma qui doivent assurer sa sécurité pendant cette visite prévue pour durer trois jours. Le gouverneur Sidi Mohamed ICHRACH a déclaré qu’il a été bien accueilli sur place. Des images postées par le site Mali express atteste cet accueille à lui réserver par les éléments de la Cma.

Depuis sa nomination, c’est sa première prise de contact avec les populations locales. « Je place cette visite sous le signe de l’écoute », a-t-il souligné. Jeudi et vendredi, le gouverneur  doit rencontrer les responsables de la Cma et d’autres composantes de la société afin de faire le point sur l’état des infrastructures. Le premier responsable de l’administration locale compte pleinement s’investir dans la réconciliation entre les fils du pays.  

mali24

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 23 AOUT 2017

Le Conseil des Ministres s'est réuni en session ordinaire, le mercredi 23 août 2017 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République.
Après examen des points inscrits à l'ordre du jour, le Conseil a :
- adopté des projets de texte ;
- et procédé à des nominations.

AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES
AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE
Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale, le Conseil des Ministres a adopté :
1. Un projet de décret déterminant le modèle de déclaration de candidatures pour l’élection des conseillers de Cercle.
La Loi n°2016-048 du 17 octobre 2016 portant loi électorale fixe, notamment les règles générales applicables aux modèles de déclaration de candidatures à l’élection des conseillers des collectivités territoriales et renvoie à un décret pris en Conseil des Ministres pour préciser les détails.
Ainsi, le modèle de déclaration de candidatures à l’occasion de l’élection des conseillers communaux est déterminé par le Décret n°09-053/P-RM du 13 février 2009 et celui des conseillers régionaux et du District de Bamako par le Décret n°2015-0496/P-RM du 27 juillet 2015.
L’élection des conseillers de cercle n’ayant été consacrée par la loi électorale qu’en 2016, cette circonscription électorale demeure la seule à n’avoir pas été prise en compte pour la détermination du modèle de déclaration de candidatures.
Le présent projet de décret est adopté pour combler ce vide juridique.
2. Un projet de décret fixant le montant de la participation aux frais électoraux à l’occasion de l’élection des conseillers de cercle.
La loi électorale du 17 octobre 2016 exige de tout candidat ou liste de candidats, par l’entremise de son mandataire et entre les mains du Receveur du Trésor, une participation non remboursable aux frais électoraux.
Le montant de ces frais, à l’exception de ceux prévus pour l’élection présidentielle, est fixé par décret pris en Conseil des Ministres.
Le présent projet de décret est adopté dans ce cadre et fixe à cinq mille (5 000) francs CFA le montant de la participation à l’occasion de l’élection des conseillers de Cercle.

AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE
Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté :

1. Des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, de l’Accord d’Istisna’a, de l’Accord de services Ijara et de l’Accord de vente à tempérament, signés à Djeddah (Arabie Saoudite) le 18 mai 2017, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Banque islamique de Développement, concernant le financement du Projet de Développement durable des Exploitations pastorales du Sahel malien.
Dans le cadre du financement de ce Projet, la Banque islamique de Développement a conclu avec le Gouvernement de la République du Mali :
- l’Accord de prêt d’un montant de 2 millions 220 mille dinars islamiques, soit 1 milliard 749 millions 900 mille francs CFA environ ;
- l’Accord d’Istisna’a pour un montant de 17 millions 560 mille dollars américains, soit 10 milliards 242 millions 800 mille francs CFA environ ;
- l’Accord de services Ijara pour un montant de 9 millions 490 mille dollars américains, soit 5 milliards 535 millions 600 mille francs CFA environ ;
- l’Accord de vente à tempérament pour un montant de 2 millions 620 dollars américains, soit 1 milliard 528 millions 300 mille francs CFA environ.
Le Projet de Développement durable des Exploitations pastorales du Sahel malien a pour objectif d’améliorer durablement les conditions de vie des populations en stimulant le développement économique du pays et en renforçant la capacité productive des exploitations pastorales.

2. Des projets de texte relatifs à la ratification du Contrat de Financement n°FI 88090, signé à Bruxelles, le 08 juin 2017, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Banque européenne d’Investissement, concernant le Projet Kabala II-Eau et Assainissement de Bamako.
Par la conclusion du présent contrat, la Banque européenne d’Investissement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 50 millions d’euros, soit 32 milliards 902 millions 752 mille 30 francs CFA environ.
Le Projet vise à accroître l’accès des populations de Bamako et environs à l’eau potable et à améliorer leur cadre de vie.

3. Des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement, signé à Bamako, le 1er août 2017, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, pour le financement du Projet d’Amélioration de l’Accessibilité rurale.
Pour le financement du Projet d’Amélioration de l’Accessibilité rurale, l’Association internationale de Développement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 64 millions d’euros, soit 42 milliards 115 millions 522 mille francs CFA environ.
La réalisation des travaux du présent Projet permettra, notamment d’améliorer et de pérenniser l’accès routier des communautés paysannes aux marchés et aux services sociaux de base dans les régions de Koulikoro et de Sikasso.

AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
Sur le rapport du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le cadre organique de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de la Justice.
La Direction des Finances et du Matériel d’un département ministériel a pour mission d’élaborer les éléments de la politique nationale dans les domaines de la gestion des ressources financières et matérielles et de l’approvisionnement des services publics relevant de ce ministère.
L’adoption du présent projet de décret vise à doter, pour les cinq prochaines années, la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de la Justice en personnel nécessaire pour l’exécution de ses missions.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté :
1. Un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux de fourniture et d’installation de groupes électrogènes dans la centrale thermique de Kidal en lot unique.
Le présent marché, conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise SIBAT-SA, concerne la fourniture et l’installation de groupes électrogènes, d’armoire, de système contrôle-commande et la construction d’un poste d’évacuation.
Le montant du marché est de 2 milliards 698 millions 149 mille 999 francs CFA toutes taxes comprises pour un délai d’exécution de 150 jours. Le financement du marché est assuré à hauteur de 100% par le Budget national.
L’exécution de ce marché s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’Urgences sociales d’accès à l’énergie 2017-2018 du Président de la République, en particulier la réhabilitation des installations de production et de distribution de l’énergie électrique dans les régions du Nord du Mali. La réalisation du marché contribuera, notamment à la relance économique et à lutte contre l’insécurité dans la Région de Kidal.
2. Un projet de décret portant approbation de l’Avenant n°1 au Marché n°0040/DGMP-DSP-2014 relatif aux travaux de construction du siège de l’Agence nationale de Gestion des Stations d’Epuration du Mali.
Dans le cadre de l’exécution du marché initial relatif aux travaux de construction du siège de l’Agence nationale de Gestion des Stations d’Epuration du Mali, il est apparu nécessaire d’entreprendre certains travaux complémentaires compte tenu de la proximité de la centrale thermique de Balingué et du fleuve Niger.
Les travaux, objet du présent avenant, portent sur la prise en charge d’un écran vert entre le Projet et la centrale thermique de Balingué pour atténuer les nuisances sonores provenant de celle-ci et le drainage périphérique des eaux de la nappe phréatique en saison des pluies.
L’Avenant est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise de Construction Niogodeme-SA pour un montant de 499 millions 518 mille 257 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 10 mois.
La réalisation des travaux contribuera à l’amélioration des conditions de travail au niveau de l’Agence.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA COMMUNICATION
Sur le rapport du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret déterminant les produits assujettis à la redevance radio-TV et les modes d’indexation et de recouvrement.
Dans le contexte de la transition numérique marquée par une concurrence de plus en plus forte, la mise en place d’une redevance dédiée à l’audiovisuel est incontournable pour permettre à l’Office de Radio-Télévision du Mali de disposer de ressources indispensables à l’accomplissement de ses missions en particulier la promotion des langues et cultures nationales.
L’institution de la redevance radio-TV s’inscrit dans ce cadre et est perçue sur les produits suivants : les appareils audiovisuels et produits dérivés, la téléphonie et le dividende numérique.
Le projet de décret adopté fixe aussi le mode d’indexation et les modalités de recouvrement et de reversement des produits de la redevance instituée.

AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes :
AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE
- Gouverneur de la Région de Mopti :
Général de Brigade Sidi Alassane TOURE.
- Gouverneur de la Région de Gao :
Colonel Sidiki SAMAKE.
AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE
- Troisième Conseiller à l’Ambassade du Mali au Caire :
Madame KEITA Fatoumata M’Barké DICO, Administrateur civil.
- Conseiller culturel à l’Ambassade du Mali à Rabat :
Monsieur Belco TOURE, Professeur de l’Enseignement supérieur.
- Conseiller à la Communication à l’Ambassade du Mali à Abidjan :
Monsieur Drissa DIOUARA, Journaliste-Réalisateur.
- Conseiller à la Communication à l’Ambassade du Mali à Dakar :
Monsieur Gamer Aksodant DICKO, Journaliste-Réalisateur.
- Conseiller consulaire au Consulat général du Mali à Djeddah :
Monsieur Darhamane IDRISSA, Traducteur interprète.
- Conseiller consulaire au Consulat général du Mali à Douala :
Monsieur Mamadou MOUNKORO, Administrateur civil.
AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
- Chef de Cabinet :
Monsieur Bakary Soliba COULIBALY, Magistrat.
AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
- Inspecteurs à l’Inspection des Finances :
Madame FOFANA Mariam DIAKITE, Inspecteur des Services économiques
Monsieur Lassana KONATE, Inspecteur des Finances ;
Monsieur Bakary THERA, Inspecteur des Services économiques ;
Monsieur Oumar BATHILY, Inspecteur des Services économiques.
- Directeur national du Contrôle financier :
Monsieur Sékou DIANI, Inspecteur des Finances.
AU TITRE DU MINISTERE DE L’ELEVAGE ET DE LA PECHE
- Chargé de Mission :
Monsieur Sedina KEITA, Juriste.
AU TITRE DU MINISTERE DE L’HABITAT, DE L’URBANISME ET DES AFFAIRES FONCIERES
- Inspecteur à l’Inspection des Domaines et des Affaires foncières :
Monsieur Issa OUOLOGUEM, Ingénieur des Constructions civiles.
AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE
- Conseillers techniques :
Monsieur Ibrahima COULIBALY, Pharmacien, Biologiste ;
Monsieur Brahima KONE, Médecin en Santé publique ;
Monsieur Adama Baridian DIAKITE, Médecin.
- Chargé de Mission :
Madame DIAKITE Rokiatou DEMBELE, Assistante médicale.
AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES RELIGIEUSES ET DU CULTE
- Chef de Cabinet :
Monsieur Amadou Oumar DIAKITE, Juriste.
Bamako, le 23 août 2017
Le Secrétaire général du Gouvernement,
Madame SANOGO Aminata MALLE
Chevalier de l’Ordre national

PDI-BS : Un cas d’école au Mali

On peut l’admirer pour sa rigueur, ou le détester pour ses méthodes jugées, parfois, militaires. Une certitude : depuis la nomination de Soumaïla Samaké, à la tête du Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS), le projet vole de succès en succès.

 

Comme le président Russe, Vladimir Poutine, M. Soumaïla Samaké, Coordinateur du PDI-BS, parle peu. Très peu. Comme Poutine, il a la démarche alerte. Avec un flegme très british.

 

Tous deux des bosseurs, l’un comme l’autre sont réputées pour leur rigueur. Surtout, lorsqu’il s’agit d’accomplir leur mission. Mais, à la différence du président Russe, le Coordinateur du PDI-BS, M. Soumaila Samaké, sourit beaucoup. Un sourire qui cache mal son caractère bien trempé. Il ne badine pas avec le travail. Tous ceux qui s’y sont essayés ont fini par faire les frais de leur « imprudence ».

 

Réputée pour sa discrétion de Sioux, mais aussi pour sa légendaire générosité, « Soumi » –comme l’appel les intimes –a fait du PDI-BS, un véritable outil du développement agricole et de l’auto suffisance alimentaire dans notre pays. Surtout à travers l’irrigation des plaines du Bani et de Sélingué auxquels s’ajoutent, les projets d’accompagnement  des producteurs de riz et des communautés agro- sylvo-pastorales et piscicoles. Sans compter, l’appui des populations dans le cadre du perfectionnement agricole.

 

Lancée en 2010,  le PDI-BS, s’est fixé comme objectif, de soutenir l’augmentation des productions agro-sylvo-pastorales et piscicolesdans notre pays. Ce pari, ne cesse d’être gagné au fil des ans avec l’amélioration des conditions de vie des populations.

 

C’est pourquoi, le PDI-BS privilégie, entre autres, le développement des infrastructures de production ; l’accroissement de la production et de la productivité ; le renforcement des capacités et appui aux initiatives locales et la gestion du Programme de développement agricole (PDA). S’y ajoutent, la motivation des travailleurs du PDI et le renforcement du mécanisme de suivi. L’essentiel pour le PDI-BS est de faire de la riziculture ainsi que des productions agro-sylvo-pastorales et piscicoles un axe privilégié de croissance et de réduction de la pauvreté.

 

Tous ces exploits sont le fruit des efforts conjugués de la direction du PDI-BS. Et qui laisse croire que le Programme a réussi son pari.

 

En dépit de ces résultats sur le terrain, le Coordinateur du PDI-BS, M. Soumaïla Samaké, peut être fière de ses résultats. Aujourd’hui,  le PDI-BS a permis aux populations des ses zones d’intervention d’accroître la sécurité alimentaire dans le pays et de réduire la pauvreté. Toute chose qui fait que le PDI-BS est devenu, aujourd’hui, un cas d’école dans le domaine agricole de notre pays. Qui dit mieux ?

 

Tous ceux qui, à la nomination de Soumaïla Samaké à la tête du PDI-BS doutaient de sa capacité à faire décoller la structure, en on pour leur frais. Les résultats sont spectaculaires : le PDI-BS a atteint et dépassé ses objectifs. Autant de facteurs qui ont contribué à propulser  le développement  agro-sylvo-pastoral et piscicole dan notre pays. Et inciter davantage les partenaires à soutenir le PDI-BS.

 

Une prouesse qui vient conforter l’image de technocrate et de figure emblématique de Soumaïla Samaké, Coordinateur  National du PDI-BS et son équipe, dans le domaine de l’appui et du développement rizicole  au Mali. Et ce n’est point par hasard, si la Banque Africaine de Développement (BAD) et d’autres partenaires ont quintuplé leurs apports financiers au PDI-BS.  Un soutien qui vient couronner l’image de structure de bonne gouvernance du PDI-BS.

 

 « L’avantage de Soumi, c’est qu’il est un technocrate qui a toujours œuvré dans l’ombre. Il sait qui doit faire quoi et comment, pour que ça marche », indique des responsables du PDI-BS à Djenné, Bla et Sélingué. Une observation que les animateurs du Programme, dont le professionnalisme crèves, désormais, les yeux confirment.

 

Face aux prouesses du PDI-BS qui ne cesse d’étonner les partenaires (qui ont d’ailleurs débloqué un nouveau financement pour  les 5 ans à venir),  des individus de l’ombre, jaloux du rayonnement du programme ont engagé une campagne d’intoxication. Objectif : ternir l’image du PDI-BS auprès de ses partenaires, d’un côté ; et de l’autre, jeter le discrédit sur la personne du Coordinateur du Programme, M. Soumaïla Samaké. Mais ce dernier, toujours égale à lui-même, reste serein et optimiste quand au devenir du PDI-BS.

 

Jean Pierre James

Le Nouveau Réveil

Kidal : Des manifestants réclament le déplacement de l’aéroport hors de la ville

Des manifestants ont occupé, le dimanche 20 août dernier, la devanture de l’aéroport de Kidal pour réclamer son déplacement hors de la ville. Une situation qui intervient alors que la MINUSMA tente de réinvestir l’aéroport après la fin des travaux de réhabilitation.

Ainsi, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient mentionnés leurs principaux slogans. C’est ainsi qu’ils ont demandé le déplacement de l’aéroport en dehors de la ville arguant le fait que les manœuvres des appareils jouent sur leur maison en banco. Pour eux, ces manœuvres soulèvent des poussières qui provoquent certaines maladies telles que le rhume ou d’autres problèmes respiratoires. En fait, ces manifestants ne souhaitent plus le retour de la MINUSMA dans cet aéroport.

Rappelons que c’est depuis le mois d’avril 2016 que les relations entre une certaine partie de la population de Kidal et la MINUSMA se sont détériorées. Tout est parti d’une manifestation à l’appel de certains activistes de la société civile pour occuper la piste d’atterrissage de l’aéroport de Kidal afin de réclamer la libération de certaines personnes dont des éléments issus des rangs des mouvements armés, arrêtées par la force Barkhane dans le cadre de ce qu’elle appelle « lutte contre le terrorisme ». Une manifestation qui finira par être violemment réprimée par les casques bleus entrainant la mort d’au moins deux manifestants. Les casques bleus avaient justifié leur réaction par le fait que des manifestants ont fait usage de cocktails molotov. S’y ajoutent les dommages matériels causés à l’aérodrome de Kidal, considéré comme une ressource cruciale pour la prestation de services et l’appui à la population de la région, y compris pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). La MINUSMA avait même promis l’ouverture d’une enquête afin de clarifier les circonstances de ces événements. Avant de demander d’appeler les parties concernées et les responsables locaux de Kidal, y compris les représentants de la Coordination des mouvements de l’Azawad, à coopérer pour apaiser les tensions et à faire preuve de retenue pour permettre une prompte enquête sur ces faits.

Ainsi, la libération de cet édifice n’est intervenue que le mercredi 27 avril 2016 après que des détenus aient été relâchés par la force Barkhane grâce à la médiation de certaines personnalités parmi lesquelles les honorables Ag Bibi et l’Aménokal Mohamed Ag Intalla. Après son évacuation par les manifestants, la gestion de l’aérodrome de Kidal a été confiée à la CMA. La MINUSMA y avait démarré quelques travaux de réhabilitation sans préciser le moment qu’elle comptait s’y réinstaller.

Une démarche qui risque de ne pas intervenir sitôt si l’on s’en tient aux manifestations de ces derniers jours.

SourceKibaru

 

 

 

CMP : “Espoir IBK 2018” reçu par la conférence des présidents

Après le lancement officiel de ses activités ce 30 juillet, le président de  l’association “Espoir IBK 2018”, Amara Bagayoko, a été reçu lundi par la conférence des présidents de la Convention des partis politiques de la majorité (CMP) au siège de la Convention à l’ACI-2000. Les échanges ont porté sur les objectifs, les missions de l’association et les conditions d’un partenariat fécond entre l’association “Espoir IBK 2018” et la CMP en vue de renforcer le soutien aux actions du président IBK.

La rencontre a noté la présence de trois représentants de la conférence des présidents de la CMP. Il s’agit d’Oumar Kané dit Baba, président du parti Concertation Démocratique (CD-Sigui Kafo), Moussa Keita, président du parti PRTD et Mme Oulématou Harama, représentante du président de la Convention de la majorité présidentielle Bocary Tréta.

Les échanges ont porté sur la vie de l’association, ses objectifs, ses missions et surtout les motivations. Les deux parties ont discuté des possibilités de partenariat dans l’optique de soutenir les actions du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, sans oublier sa candidature à l’horizon 2018.

Le président de l’association “Espoir IBK 2018” a rappelé les activités entreprises par son équipe depuis le lancement le 30 juillet 2017 au Centre islamique de Bamako. Selon lui, IBK Espoir 2018 se fixe comme objectif d’accompagner le président de la République dans sa quête d’un second mandat en vue d’achever les grands chantiers en cours dans le pays. L’association s’engage à tout mettre en œuvre pour la réélection du président IBK et cela dès le 1er tour de la présidentielle de 2018.

Pour ce faire, Amara Bagayoko a sollicité le soutien de la CMP pour l’extension de sa formation sur toute l’étendue du territoire. Il a salué le sens d’écoute et de dialogue du président de la République, qui a permis tout récemment de calmer les ardeurs autour du projet de révision constitutionnelle.

En réponse les représentants de la conférence des présidents de la CMP se sont réjouis de l’initiative. Au nom de la CMP, ils ont félicité les membres de l’association. Selon, eux l’association “Espoir IBK 2018” et la CMP ont le même combat ; à savoir : soutenir les actions du président IBK.

 

Pour Oumar Kané, ce partenariat permettra à la CMP de mettre son expérience à la disposition de l’association “Espoir IBK 2018”.

 

O. D.

Source: L'indicateur du Renouveau 

Vent de séparatisme à Gao : Le drapeau de la honte

Le geste est simple, mais il porte gravement atteinte à l’unité du pays : un nouveau drapeau flottant sur la ville de Gao et une menace à visage découvert de la création de l’Empire songhoy.

La semaine dernière, la ville de Gao a été le théâtre d’une manifestation réclamant le départ du gouverneur de région. Très vite, la contestation s’est transformée en revendication indépendantiste. Si l’événement  a été noyé par les attaques  terroristes de Douentza et Tombouctou, il présente tout de même le niveau visage de la crise du Nord.

Pourquoi exhiber un drapeau au moment où tout le monde travaille au retour de la paix ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette démarche séparatiste ? Et quel est véritablement le poids de ceux qui se sont lancés dans une telle aventure ? Quelle est position de la notabilité de la Cité des Askia ? Et surtout quelle légitimité ont les auteurs de cette entreprise dangereuse ?

Des questions qui méritent des réponses dans la mesure où la ville de Gao était connue jusqu’ici comme la championne en matière de défense de l’unité nationale. Brandir un autre drapeau que celui du Mali en cette période trouve plusieurs significations et intrigue plus d’un.

Selon toute vraisemblance, l’idée qui est derrière cette démarche est claire : contraindre l’Etat central à revoir sa copie dans sa gouvernance. Certes, une revendication de l’amélioration des conditions de vie des populations est plus qu’un impératif mais de là à brandir la menace de créer un Empire songhoy, il y a un pas de trop franchi dans la ville de Sonni Aly Ber.

Pour bon nombre d’observateurs, une telle revendication aurait pu tenir la route au moment où le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) proclamait avec faste l’utopique République de “L’Azawad”. Un nouveau pays imaginaire sur les terres de l’Empire songhoy. Ce jour-là, légitimement on pouvait se permettre de féliciter les initiateurs de  Songhoy Ganda.

Pour ainsi dire, la démarche de  mettre en place même dans les discours d’un pays autre que le Mali est une insulte à la mémoire du vaillant peuple de culture songhay. Un brave peuple qui ne rêve que d’un Mali, un et indivisible auquel il a fortement contribué depuis son indépendance.

A. M. C.

Source: L'indicateur du Renouveau 

Kidal : -Un accord trouvé entre la CMA et la plateforme -La CMA disposée à accueillir le gouverneur aujourd’hui

La Cma et la Plateforme ont accepté une trêve en attendant la signature d’un véritable cessez-de feu. Pour ce qui est du retour de l’administration à Kidal, les ex-rebelles disent être à la disposition du gouverneur qui effectue sa première visite aujourd’hui dans la ville.

À l’issue d’une rencontre entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) et la Plateforme hier, un accord a été trouvé. Les deux protagonistes ont décidé d’une trêve pour « garantir les conditions d’un véritable accord. » Selon nos sources, l’entente en vigueur depuis hier  mardi  poursuit le but de trouver une solution définitive au conflit qui oppose les frères ennemis de l’Adrar des Ifoghas. La trêve signée est aussi considérée comme un nouveau cessez-le-feu entre les deux parties. Un document a été élaboré et sera soumis à l’arbitrage des autorités nationales. Pour mettre fin à la crise, les forces onusiennes et Barkhane seront également associées, nous a confié un responsable de la Cma.

Le gouverneur à Kidal, enfin

Absent de la région depuis sa nomination, Mohamed Ag Ichrach est attendu ce matin dans la ville de Kidal. A en croire l’un des responsables de la Cma, Almou Ag Mohamed que nous avons joint au téléphone hier après-midi, toutes les conditions sont réunies pour accueillir le gouverneur de la 8e région administrative du Mali. Selon lui, la Coordination des mouvements de l’Azawad est fortement disposée à accompagner le gouverneur Ag Ichrach qui mènera plusieurs actions pour le retour de l’administration. Parmi les activités du gouverneur de Kidal, la visite des bâtiments administratifs. Interrogé sur une possible installation immédiate du chef de l’exécutif régional, notre interlocuteur précisera qu’il s’agit plutôt d’une visite préparatoire en prélude au redéploiement de l’administration.

Pour retour très attendu de l’administration dans la région, la présence du gouverneur est un bon signal.

Alpha Mahamane Cissé   

Proclamation de deux résultats du ‘’bac’’ par l’académie d’enseignement de Koulikoro : Des têtes commencent à tomber

Suite à certaines irrégularités, les résultats du baccalauréat ont été publiés deux fois par l’académie d’enseignement de Koulikoro. Les localités concernées sont Kati, Koulikoro et Dioïla. Ces irrégularités ont fait passer des candidats qui devraient échouer et fait échouer d’autres qui devraient être admis. Cette situation a suscité la colère des élèves admis et ensuite déclarés non admis et de leurs parents qui ont jugé inadmissibles de telles erreurs. C’est pourquoi, ils ont exigé que les responsabilités soient situées et que les auteurs soient punis avec la dernière rigueur pour que de telles erreurs ne se reproduisent plus.

En effet, les parents des 251 élèves admis qui ont ensuite été déclarés non admis ont exigé que leurs enfants soient admis conformément aux premiers  résultats publiés. Aussi, ils ont exigé que les responsables de cette situation soient  sanctionnés comme il se doit afin que de telles erreurs ne se reproduisent plus  au Mali.

Si la deuxième doléance n’est pas encore satisfaite, la seconde est entrain d’être satisfaite car les sanctions ont déjà commencé à tomber dans cette affaire.

Selon des sources proches du dossier, il est prévu des cas de révocations et de mutations de certains agents et chefs de services, de la division des examens de l’Académie d’enseignement de Koulikoro. Notre source parle de deux cas de mutations d’agents responsables dont l’un pour Sikasso et l’autre pour Kayes et de deux chefs de sections et un chef de division relevés, tous de la division des examens et concours. Aussi, notre interlocuteur n’écarte pas le départ du Directeur d’Académie d’Enseignement de Koulikoro. Ce dernier serait victime de sa rigueur vis-à-vis de certains de ses agents qui ont voulu se venger de lui en bâclant le travail.

A en croire notre source, les  parents d’élèves de Koulikoro qui se sont regroupés en collectif sont en train de mettre la pression sur l’Etat pour faire passer leurs enfantsdéclarésadmis par les premiers résultats et recalés par les seconds. Car selon eux, les autorités scolaires doivent s’en tenir à ces résultats. Et elles devraient corriger toutes les erreurs avant de les publier pour éviter aux enfants de vivre un tel scenario. Ils menaceraient même de faire une marche pour se faire entendre et les jeunes de Koulikoro soutiendraient cette initiative. 

Pourtant, notre source est formelle : la réparation de telles erreurs est prévue par les textes en vigueur au Mali relatifs aux examens. Dans ces textes, explique notre interlocuteur, il est donné la possibilité aux autorités de réparer ces genres d’erreurs dans un délai de deux mois. C’est-à-dire, lorsque les autorités constatent qu’un ou des candidats à l’examen ont été déclarés admis ou ont échoué par suite d’erreurs, elles peuvent réparer cela dans un délai de deux mois. Aussi, la possibilité est donnée  aux parents d’élèves de saisir l’administration lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec les résultats d’un examen.

M.D

Source: Tjikan

 

Le Gouverneur de Kidal enfin installé ce mercredi

Notre source est formelle là-dessus. Ag Ichrach, le gouverneur rejeté par la population de la 8ème région, sera finalement le bienvenu, mercredi. Il sera installé dans ses fonctions en vertu des arrangements trouvés avec la CMA, qui a fait des pieds et des mains pour calmer les ardeurs de ses plus grands activistes hostiles au choix d’un Imghad pour gérer leur région. Ledit arrangement marque un tournant dans l’application de l’Accord et le retour de l’administration qui ne servira plus, selon un haut responsable de la Coalition, d’argument pour les tendances politiques opposées à l’organisation d’un référendum.

Depuis sa nomination par un décret présidentiel, le Gouverneur de Kidal, en dépit des accords subsidiaires entre l’Etat et les mouvements sur le partage des pouvoirs locaux, n’est pas parvenu à prendre fonction à cause des clivages intercommunautaires entre Ifogas et Imghad. L’ancien secrétaire général du ministère du Commerce, victime de son appartenance ethnique, obtient finalement son ticket d’accès à Kidal mais pas mansuétude.

Le Témoin

L’ex-coupeur de mains de Gao devant les assises: « Je suis jugé car je ne suis pas Touareg! »

La cour d’assises avait au rôle du vendredi 18 août l’affaire Ministère public contre Aliou Mahamane Touré, ancien commissaire islamique de Gao au moment de l’occupation terroriste. L’audience était présidée par Lassine Samaké, conseiller à la Cour d’appel de Bamako. Le banc du ministère public était occupé par Amadou Sogoba.

Arrêt de renvoi

Après l’installation de la Cour composée de 3 juges et de 4 assesseurs, la greffière procède à la lecture de l’arrêt de renvoi. Il ressort de ce document d’accusation que pendant l’occupation des régions du nord du Mali par les groupes terroristes en 2012, Aliou Mahamane Touré se fait recruter par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO). Après avoir appris à manier les armes, il est doté d’un pistolet-mitrailleur à crosse rabattable et d’un pistolet automatique de calibre 7mm. Exécutant fidèle des ordres du MUJAO, Touré se fait vite remarquer par sa hiérarchie. Il est nommé commissaire islamique de Gao.En cette qualité, il fait subir aux populations de nombreuses atrocités. Durant toute l’occupation, Touré anime le commissariat islamique de Gao. Il fait arrêter et conduire devant le juge islamique toute personne qui enfreint la « Charia ». Il est aussi chargé d’exécuter les décisions du juge islamique à tavers des flagellations ou des amputations. Son salaire provient de la « Ganina » (butin de guerre). Après la libération des régions occupées par l’opération française « Serval », les terroristes disparaissent dans la nature. Le 23 décembre 2013, Touré est appréhendé par les éléments de la compagnie Méhariste de la garde nationale. Il est conduit à la gendarmerie de Gao puis présenté au parquet de la commune 3 du District de Bamako. A toutes les étapes de l’instruction, il nie les faits reprochés.

Débats à la barre

A la question du président de séance de savoir s’il reconnaît les faits, Aliou Mahamane Touré répond par non. Il dit s’être affilié au MUJAO pour combattre le MNLA qui tracassait les populations de Gao, sa ville natale.Il reconnaît avoir fait appliquer la « charia » (loi islamique). Cependant, l’accusé nie avoir commis des actes matériels d’amputation. Selon lui, après la prise de Gao par le MNLA, les combattants de ce groupe séparatiste s’adonnaient à toutes sortes d’exactions contre les habitants. C’est ainsi que lui-même a décidé de prendre part au concours de recrutement d’un commissaire lancé par le MUJAO, un groupe islamiste. Il sera retenu sur 15 candidats. Après avoir été recruté comme commissaire, il reçoit la mission de sécuriser la population. Il cite plusieurs exemples d’actes de bravoure posés par lui en faveur de ses « frères » de Gao. L’accusé dit ne pas comprendre pourquoi son chef hiérarchique du nom Yoro, qui avait été arrêté comme lui mais a été libéré . « Je suis donc à la barre parce que je ne suis pas Touareg! », s’exclame-t-il.

Certains propos de Touré seront confirmés par les victimes lors de leurs dépositions à la barre. Elles reconnaissent qu’aux premiers mois de sa fonction de commissaire, Touré portait secours aux populations contre les bandits du MNLA. Mais plus tard, ajoutent-elles, Touré ddeviendra le bourreau des populations. Une victime affirme que c’est bien Touré qui lui a coupé la main et le pied.

Le ministère public, dans son réquisitoire, demandé que Touré soit retenu dans les liens de l’accusation pour crimes d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’association de malfaiteurs, de détention d’armes de guerre, de coups et blessures. L’avocat des victimes, Me Moctar Mariko, président de l’AMDH, demandera la condamnation de l’accusé pour les actes de barbarie commis sur des civils. Quant à Me Tièssolo Konaré, avocat de l’accusé, il estime que Touré n’est coupable de rien. Pour lui, Touré n’est qu’une victime collatérale de l’abandon des régions nord par l’Etat. De plus, aux dires de l’avocat, l’accusé n’est pas responsable des amputations reprochées. Enfin, l’avocat exige l’acquittement de Touré au motif que ceux sous les ordres desquels il servait ont été relâchés après la signature de l’Accord de paix.

Verdict

La Cour condamne ouré à 10 ans de prison ferme et 46,5 millions de dommages et intérêts à repartir entre 4 victimes. La victime amputée de la main recevra 20 millions, la victime amputée du pied 20 millions, le commerçant dont le magasin a été pillé 3,5 millions et le directeur d’une radio de Gao 3 millions de FCFA.

Abdoulaye Guindo

SourceProcès-Verbal

Pétrole: Total réalise une méga-acquisition à plus de 7 milliards de dollars avec Maersk Oil

Total rachète le Danois Maersk Oil pour plus de 7 milliards de dollars, soit sa plus grosse acquisition depuis celle d'Elf Aquitaine en 2000. Grâce à elle, le pétrolier vise 3 millions de barils-jours en 2019.

Total déjoue les pronostics. Fin juillet, lors de la publication des résultats semestriels du groupe, les rumeurs laissaient penser que le pétrolier préparait un nouveau gros coup dans les renouvelables. Ces derniers mois, il avait repris le fabricant de batteries Saft et Lampiris, un fournisseur d'électricité et de gaz belge. Des mouvements audacieux qui tranchent avec la stratégie uniquement "oil&gas" des autres majors.

Pour autant, Total n'a pas oublié son métier d'origine. Les hydrocarbures représenteront encore 85% du chiffre d'affaires de l'entreprise dans vingt ans, indiquait récemment à Challengesle PDG Patrick Pouyanné. Et ce matin, Total a annoncé le rachat du Danois Maersk Oil pour 7,45 milliards de dollars. Il s'agit de sa plus grosse acquisition depuis celle d'Elf Aquitaine en 2000.

Ce mouvement ne constitue pas une réelle surprise. La consolidation a déjà eu lieu chez les parapétroliers. Et rien qu'aujourd'hui, deux grands groupes internationaux –l'Américain Sempra Energy et le Russe Rosneft- ont annoncé des méga-deals à 9,45 et 12,9 milliards de dollars. Pour Total, la reprise de Maersk Oil est un peu la "récompense" aux efforts que le groupe a consentis depuis la chute des cours du brut il y a 3 ans. Le plan d'économies initié par Patrick Pouyanné a été plus loin que prévu. Il devrait atteindre 3,5 milliards cette année et 4 milliards en 2018.

de dollars avec Maersk Oil

Total rachète le Danois Maersk Oil pour plus de 7 milliards de dollars, soit sa plus grosse acquisition depuis celle d'Elf Aquitaine en 2000. Grâce à elle, le pétrolier vise 3 millions de barils-jours en 2019.

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Total réalise une méga-acquisition à plus de 7 milliards de dollars

Pour Total, la reprise de Maersk Oil est un peu la «récompense» aux efforts que le groupe a consentis depuis la chute des cours du brut il y a 3 ans.

AFP
 
 
 

Total déjoue les pronostics. Fin juillet, lors de la publication des résultats semestriels du groupe, les rumeurs laissaient penser que le pétrolier préparait un nouveau gros coup dans les renouvelables. Ces derniers mois, il avait repris le fabricant de batteries Saft et Lampiris, un fournisseur d'électricité et de gaz belge. Des mouvements audacieux qui tranchent avec la stratégie uniquement "oil&gas" des autres majors.

Pour autant, Total n'a pas oublié son métier d'origine. Les hydrocarbures représenteront encore 85% du chiffre d'affaires de l'entreprise dans vingt ans, indiquait récemment à Challengesle PDG Patrick Pouyanné. Et ce matin, Total a annoncé le rachat du Danois Maersk Oil pour 7,45 milliards de dollars. Il s'agit de sa plus grosse acquisition depuis celle d'Elf Aquitaine en 2000.

Ce mouvement ne constitue pas une réelle surprise. La consolidation a déjà eu lieu chez les parapétroliers. Et rien qu'aujourd'hui, deux grands groupes internationaux –l'Américain Sempra Energy et le Russe Rosneft- ont annoncé des méga-deals à 9,45 et 12,9 milliards de dollars. Pour Total, la reprise de Maersk Oil est un peu la "récompense" aux efforts que le groupe a consentis depuis la chute des cours du brut il y a 3 ans. Le plan d'économies initié par Patrick Pouyanné a été plus loin que prévu. Il devrait atteindre 3,5 milliards cette année et 4 milliards en 2018.

Rééquilibrage des risques pays

Le Français a aussi procédé à des cessions (Atotech, Société du Pipeline Méditerranée Rhône) pour près de 3 milliards de dollars ce qui lui a permis de réduire son taux d'endettement à 20%. Au premier semestre de cette année, Total a annoncé un résultat net de 5 milliards de dollars, en hausse de 32%. "Il faut profiter des cycles bas soit pour lancer des développements nouveaux parce que les coûts sont plus bas, soit pour acquérir des réserves nouvelles à des conditions attractives", a déclaré Patrick Pouyanné lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Côté prix, certains observateurs restent dubitatifs. "La valorisation ne nous semble pas particulièrement convaincante à première vue", indique Jefferies dans une note. Le compte y est en revanche côté réserves. Le rapprochement avec Maersk Oil  permet à Total de rajouter un milliard de barils équivalent pétroledont 85% dans des pays OCDE. Ce qui lui permet de rééquilibrer les risques pays de son portefeuille. L'intégration du groupe danois fera de Total le deuxième opérateur en mer du Nord. Il l'aidera aussi à atteindre trois millions de barils équivalent pétrole par jour en 2019, fait valoir Patrick Pouyanné.

Le Graal de Total

Trois millions de barils, le Graal de Total… Cela fait quinze ans que le groupe a ce chiffre dans son viseur. En 2002, il annonçait cet objectif pour 2007. En vain. Depuis le pic de 2004 à 2,6 millions de barils, sa production a décru. En 2012, le pétrolier relançait le chiffre magique des 3 millions de barils pour 2017. Raté, une nouvelle fois. La production cette année devrait tourner autour de 2,55 millions de barils-jour. Mais depuis deux ans, Total a passé la surmultipliée.

Il a signé des deals importants dans les émergents (Qatar, Brésil) et dans le bassin du Barnett aux Etats-Unis. Il est la première compagnie à revenir en Iran depuis la levée des sanctions. Le champ géant de South Pars 11 pourrait produire 370.000 barils par jour d’ici à 2020, dont la moitié pour Total. Le Français a aussi obtenu 10% de la principale concession pétrolière terrestre d’Abou Dhabi pour quarante ans. Un contrat stratégique qui lui apporte une production supplémentaire de 160.000 barils par jour.

Uu premier semestre, Total a également lancé plusieurs projets, notamment en Irak et en Argentine dans le pétrole de schiste. Il a signé des contrats importants au Brésil et en Ouganda. L’objectif des 3 millions de barils-jour qui apparaissait hier comme une chimère semble enfin réalisable. Total qui produit autant que BP pourrait ainsi se rapprocher de l’Américain Chevron. Derrière les deux leaders ExxonMobil et Shell.Source: AFP

 

Mali : Les écoles ‘‘collège Horizon’’ changent d’appellation !

C’est désormais, « les écoles Maarif  de Turquie au Mali’’. Ce changement de nom ne change  rien aux conditions de  vie de l’école. Les enseignants restent et leurs salaires seront amélioré, le frais de scolarité sera revu à la baisse. Seulement c’est l’ancienne équipe  dirigeante de ces écoles qui s’en va et de nouveaux administrateurs viendront de la Turquie prendre la relève dès la prochaine rentrée académique », a fait savoir M. Issiaka Diarra  lors d’un point de presse ce lundi 21 août à la maison de la presse.

M. Issiaka Diarra  est le président de la Fondation MAARRIF au Mali.  Selon lui, ce transfert des écoles du ‘‘collège Horizon’’ au compte de la Fondation MAARRIF est à la faveur de tout le personnel, des parents d’élèves, des élèves et tout le Mali. « Contrairement à la confrérie de Fetulah, même 5 F de la nouvelle école ne sera pas envoyé en Turquie, tout sera investi au Mali », a-t-il dit.

 

‘‘Confrérie Fetulah’’ ou  confrérie ‘‘Fetulah Gülen’’, c’est ce mouvement  turc qui est géniteur des écoles ‘‘Collège Horizon’’ au Mali et dans plusieurs autres pays du monde. C’est l’Etat turc qui a décidé au Mali de s’occuper de ces écoles en confiant la gestion à la fondation MAARIF, un organisme éducatif de la Turquie.

« Ce n’est pas au Mali seulement que les écoles de  confrérie ‘‘Fetulah Gülen’’ sont transférées au compte de la fondation MAARIF. C’est aussi le cas au Sénégal, en Mauritanie, au Kénya, au Rwanda et bien autres pays », explique le conférencier.

Ce point de presse s’est tenu en présencedes parents d’élèves  et des enseignants des désormais  ‘‘Ecoles Maarif  de Turquie au Mali’’.  

Djibi Samaké

Faits divers : Le taximan et le revenant

Contraint à emprunter un taxi, Barou n'avait pas d'autre choix que d'inventer un plan machiavélique pour s'en sortir. Sa poche était trouée, c'est-à-dire sans aucun rond dedans.
Barou est natif de Badalabougou en commune V du district de Bamako. Fiancé, sa dulcinée est d'un quartier situé à quelques deux à trois kilomètres de chez lui. Tous les week-ends, il arrive chez elle à bord d'un taxi. En réalité, le brave homme fait une grande partie du trajet à pied, pour manque d'argent, avant d'emprunter le taxi à quelques cents mètres pour masquer sa pauvreté.

Après chaque causerie, Barou se rend chez lui à pied. Là aussi, il bluffe faisant croire qu'il va emprunter le taxi en cours de chemin. Malheureusement pour lui, après la causerie du week-end dernier, il fut embarqué dans un taxi qui le menait à toute allure vers l'humiliation. Il fait tard la nuit, au moment même où Barou donne au revoir à sa fiancée, s'arrête juste un taxi pour déposer un client. "Voici un taxi, tu as de la chance aujourd'hui !" S'exclame sa fiancée ! Sans calcul ni mesure, il s'engouffre à l'arrière du véhicule. Le problème est que le petit play-boy est un bluffeur qui n'a même pas un franc en poche.

Embarqué, il se demande dans son subconscient comment s'en sortir. "Dois-je sauter de ce pétrin pour m'enfuir ?" Mais le chauffeur roule à toute allure. "Dois-je faire un scandale pour refuser de payer ?" Là aussi la réponse c'est non car le taximan est un "gros-bras".

Ainsi, après ce questionnement, il décide de se comporter en un revenant. Puisqu'il y a un cimetière sur la route, le tour était bien joué. Arrivé à la devanture du cimetière, avec un ton élevé, il ordonna : "arrêtez c'est ici chez moi !"
Le chauffeur très bouleversé n'attendait que le revenant quitte son taxi. Aussitôt que le magicien eut refermé la portière derrière lui que le taximan alterne vitesse et précipitation pour se sauver. Comme quoi tant qu'on ne manque pas de bonne stratégie, on peut rélever les défis.
Youba Konaté

Source : Zénith Balé

 

Verdict du procès de Aliou Mahamane Touré : La MINUSMA salue la condamnation à 10 ans de réclusion criminelle

Bamako, le 21 août 2017 - La MINUSMA salue la condamnation à 10 ans de réclusion criminelle, rendue vendredi dernier par la Cour d’assises de Bamako, de Aliou Mahamane Touré, ancien commissaire islamique de Gao pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes de guerre et de munitions, atteinte à la sureté intérieure et coups et blessures aggravés. Il a été en effet impliqué dans de nombreux abus du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire entre 2012 et 2013 dans la région de Gao.

La MINUSMA se réjouit que les garanties pour un procès juste et équitable aient été respectées et que des mesures de réparation aient été accordées aux victimes.

« Ce procès marque un pas encourageant dans la lutte contre l’impunité au Mali, et constitue un signal d’espoir pour toutes les nombreuses victimes d’abus et de violation graves de droits de l’homme commis à partir de 2012 », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif.

La Mission entend poursuivre son appui aux autorités maliennes et aux associations de défense des droits de l’homme aux fins d’accélérer l’ensemble des dossiers encore en attente, pour une justice équitable et diligente.

« Malgré les défis sécuritaires et opérationnels auxquels font face les magistrats, ce procès démontre que des procédures judiciaires sur des violations graves des droits de l’homme ou du droit international humanitaire peuvent être menées à leur terme », a conclu M. Annadif. 

Source : Minusma

Anefis : Une rencontre entre la CMA et la Plateforme afin de parvenir à un accord

Depuis, ce matin une rencontre s’est ouverte à Anefis, localité située à une centaine de kilomètres de Kidal, entre la CMA et la Plateforme représentée par le MAA.

Convoquée par les Chamanamas, cette rencontre vise à faire signer un arrêt total des hostilités entres les mouvements signataires. Selon nos informations, le camp de la médiation est constitué de Assalat ag Habi, Moubarak Ag Akli, Intala Ag seyid. La CMA est représentée par Algabass Ag Intalla et Mohamed Ag Najim. Alors que la délégation de la Plateforme est composée de Henoune Ag Ali, Mohamed Bechir et Bekaye Ag Cherif.

Une rencontre qui vise donc à jeter les bases d’une relance du processus de paix au point mort depuis la reprise des hostilités entre la CMA et la Plateforme à travers le GATIA, depuis le mois de juillet dernier. Une situation qui a fait perdre au GATIA toutes les positions qu’il occupait dans la région de Kidal. Sans compter son départ précipité de Ménaka après la progression des ex-rebelles de la CMA.

De bon augure pour le prochain CSA qui doit en principe avoir lieu au mois de septembre prochain. Apparemment Anefis est une localité symbolique puisque c’est dans ce même lieu qu’une série de rencontres avaient eu lieu à l’issue desquelles des ententes ont été signées entre les différents mouvements,en 2015.

Ce qui avait permis au GATIA de faire son entrée à Kidal d’où il a été chassé suite aux affrontements l’opposant à la Plateforme, au mois de juillet dernier.

Source: Kibaru

Retrait du projet de la révision constitutionnelle : La Plateforme An tè A banna prend acte, mais reste mobilisée et soudée

Au cours d’un meeting tenu le samedi 19 août 2017 sur le boulevard de l’Indépendance, les responsables de la Plateforme An tè A bana ont salué le bon sens du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), pour avoir sursis à son projet de révision constitutionnelle. Ils ont également invité leurs membres à rester mobilisés et soudés pour le Mali.

Rester mobilisés et vigilants à la consolidation des acquis de la démocratie. C’est désormais le mot d’ordre lancé par les responsables de la Plateforme Antè A bana lors de ce meeting. Un grand rendez-vous auquel plusieurs responsables politiques avaient pris part. Ainsi, sur un podium bien dressé, on notait la présence de Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) ; Tiébilé Dramé du Parti pour la renaissance nationale (Parena) ; Oumar Hamadoun Dicko du Parti pour la Solidarité et le Progrès  (PSP); Oumar Mariko du Parti Solidarité Africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) et Djibril Tangara de la Force Citoyenne pour la Démocratie (FCD).

Le Vice-président de la Plateforme Antè A bana, Amadou Thiam, a précisé dans son intervention que le retrait du projet de la révision constitutionnelle par IBK est une victoire pour tous les Maliens. Selon lui, IBK a pris une décision responsable. « Il fallait s’intéresser à l’essentiel. Il s’agit des défis de l’heure », a-t-il ajouté.  Amadou Thiama invité les membres de la Plateformeà rester soudés pour les futurs combats. « Le combat a été dur. Au cours de deux mois de lutte contre cette révision constitutionnelle, beaucoup de nos camarades ont perdu leurs postes ou leurs contrats. Mais malgré cela, ils ont accepté de rester avec nous. C’est le lieu de les remercier tous. Je voudrais vous dire que la Plateforme restera soudée pour d’autres combats », a-t-il souligné.

Pour Tiébilé Dramé, le Président du Parena, « Ce n’est pas encore fini. Nous demandons au Président de la République de retourner le projet d’où il est venu ou alors de l’enterrer définitivement. Nous avons passé 4 ans à  observer ce régime, aujourd’hui plus question de conduire le Mali dans le chaos. Car, nous n’allons plus l’accepter », a-t-il précisé.

Soumaïla Cissé, le Président de l’URD et Chef de file de l’Opposition a salué le courage et le combat de la jeunesse. « On a toujours dit que la jeunesse malienne est lâche. On a dit que vous ne valez pas celle du Burkina Faso et du Sénégal. Je dis que la jeunesse malienne est  plus courageuse que celle de tous ces pays. Car, vous avez fait deux mois de combat contre une révision constitutionnelle, sans casser, ni agresser. Jeunes du Mali, vous êtes à saluer pour cela. Cette victoire montre désormais que le pouvoir n’est pas à Koulouba, mais appartient au peuple. Cela, à travers vous, membres de la Plateforme Antè A bana et si vous acceptez, le Mali va changer et retrouver ses valeurs d’antan», a-t-il déclaré.

Selon Oumar Mariko, du Parti Sadi, après le régime militaire, plus question que quelqu’un d’autre nous impose son pouvoir. « Ce que nous demandons à IBK, c’est d’écouter le peuple… », a-t-il ajouté.

« Nous ne sommes pas pour ou contre quelqu’un. Nous sommes là pour le Mali et nous restons soudés. Car, nous avons remporté une bataille, mais pas le combat. Le combat, c’est la consolidation des acquis de la démocratie », a précisé Master Soumi.

Dans son intervention, Ras Bath a appelé les membres de la Plateforme à l’union sacrée. Il a aussi salué les familles fondatrices de Bamako et les leaders religieux pour leur médiation.

Ousmane Ballo

Source: Le Challenger

Ils se prononcent sur la décision présidentielle

Ils sont de la majorité présidentielle et de l’opposition. Ils se prononcent sur la décision prise par le Président de la République de surseoir à la tenue du référendum constitutionnel.

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, Président de la CDS Mogotiguiya

« Nous sommes parfaitement en phase avec le Chef de l’Etat »

C’est une décision qui est conforme à la gestion politique du Président Ibrahim Boubacar Kéïta parce qu’il a pris une décision politique de réformer qui, historiquement, se justifiait largement et était conforme à son souci et à ses engagements de réformer l’Etat et de mettre le Mali au diapason des Etats modernes. Cependant, son évaluation de la situation actuelle, à travers les différentes rencontres et consultations qu’il a menées avec toutes les couches, l’a conduit à revoir l’opportunité de la révision constitutionnelle qu’il avait initiée. Et cela, pour que le Mali ne se fragilise pas davantage. C’est de sa responsabilité. Il a affirmé cette responsabilité dans son adresse d’hier soir. En cela, nous sommes parfaitement en phase avec le Chef de l’Etat.  

Le Rassemblement Pour le Mali (RPM)

« Le BPN-RPM salue l’esprit d’écoute et d’ouverture, le sens de partage et de convergence »

Avant de saisir l’Assemblée Nationale, le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita, a souverainement décidé d’initier une série de larges consultations avec l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

À la suite de ces consultations, bien que convaincu de la pertinence du projet, le Président de la République, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale, a décidé dans l’unique et exclusif intérêt supérieur de la nation et de la préservation d’un climat social apaisé, de surseoir au projet de révision constitutionnelle.

Le Bureau politique national et tous les militants du Rassemblement pour le Mali (RPM) saluent cette décision courageuse, républicaine et hautement patriotique du Président de la République.

Le BPN-RPM salue l’esprit d’écoute et d’ouverture, le sens de partage et de convergence ainsi que le souci républicain constant du Président de la République, notamment dans ce contexte particulier de l’histoire de notre jeune démocratie, pour la nation et son unité.

Aussi, le Bureau politique national engage tous les cadres, militants et sympathisants du Rassemblement pour le Mali (RPM) à rester mobilisés et déterminés dans leur soutien actif et indéfectible au Président de la République, à s’approprier et largement partager cette décision.


Le BPN-RPM invite tous les militants et tous les républicains à s’investir pour plus d’écoute, de compréhension mutuelle sur les questions d’intérêt national en particulier sur le projet de la révision constitutionnelle.

Le BPN appelle enfin ses militants et tous les patriotes du Mali à l’unité et au dépassement de soi afin que sous la direction de Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita notre pays chemine dans la fraternité, la paix retrouvée et dans une vision partagée du présent et de l’avenir.

Bamako, le 19 août 2017

Pour le BPN-RPM

Le Secrétaire à la Communication

El hadj Sambi TOURE

 

Communiqué n°014/08/17 BEN-APR

« Une décision courageuse et historique visant à apaiser le climat social »

Le Bureau Exécutif National de l’Alliance pour le République (APR) a suivi avec une grande attention l’adresse à la nation du Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA à propos du projet de révision constitutionnelle.

L’APR est persuadée que cette décision pleine de sagesse du Président de la République vient prouver encore une fois son attachement et sa détermination à renforcer et à veiller à l’unité et à la cohésion nationale auxquelles il attache un prix d’or.

L’APR se félicite et félicite le Président de la République pour sa décision courageuse et historique de surseoir à son initiative de révision constitutionnelle visant à apaiser le climat social dans l’intérêt supérieur de la nation.

L’APR réaffirme son soutien au Président de la République et l’encourage à persévérer sur les chantiers de la paix et la réconciliation nationale, seul gage d’un développement harmonieux du Mali.

Vive un Mali uni et réconcilié !

Vive un Mali par tous !

Bamako, le 19 août 2017                  

                                                                                          Le Président

Oumar Ibrahima TOURE

Chevalier de l’Ordre National

 

Madani Tall, Président du Parti ADM

« Le Président de la République nous évite un voyage funeste »

Un bon conseil reste intemporel. Ainsi, il y a trois cents ans, le poète disait : «Seigneur, que l'intérêt de tant de gens de bien Vous fasse au moins surseoir ce voyage funeste ». En acceptant de sursoir à ce projet, en écoutant les conseils avisés et non les laudateurs, le Président de la République nous évite un voyage funeste et cela est à saluer, car le respect du peuple et l’humilité sont deux grands atouts pour qui entend bien gouverner.

Ce qui me rend particulièrement heureux dans la situation présente, est qu’elle vérifie un vieil adage voulant que les peuples aient les dirigeants qu’ils méritent. Par son engagement, le peuple malien a montré qu’il méritait d’être écouté. S’il s’était comporté en mouton, il aurait été traité comme tel.

Pour autant, nous partisans du Non, devons également avoir le triomphe modeste car le sage a dit : « une grande équipe sait gagner avec humilité et perdre avec fierté ».

Quant à ceux qui veulent le pouvoir, maintenant que ce projet de révision est, je l’espère, enterré, ils doivent le conquérir par les urnes. Nous devons rester profondément démocrates, irrémédiablement légalistes, définitivement républicains et résolument patriotes. Dieu veille.

 

Nouhoum Sarr, Président du parti FAD

« Nous ne sommes pas des putschistes  mais des républicains »

Cette adresse du Président de la République incarne la victoire du peuple malien. Comme nous l’avons toujours dit, la démocratie est le pouvoir du peuple  qui est le seul souverain dans une démocratie.  Le peuple malien, depuis deux mois, s’est mobilisé comme un seul homme, des dizaines de milliers de personnes, voire des millions de personnes, pour dire que la loi fondamentale qui est écrite noir sur blanc, ne peut pas être modifiée en catimini. Sinon, nous avons affirmé ici qu’elle n’est ni la Bible, ni le Coran et qu’on peut l’amender.  Aujourd’hui, le peuple malien a montré qu’il est fier et qu’il restera collé aux valeurs fondamentales de la nation malienne.

Le Président de la République a eu la sagesse de surseoir à la tenue du referendum. Sans ambages, je peux dire que ce sursis est un retrait définitif du projet référendaire. Nous avons dit qu’au sein de la Plateforme, la lutte ne fait que commencer parce que, comme vous savez, notre territoire est occupé. Aujourd’hui, les Maliens sont dans la détresse et pour cause, la gouvernance est chaotique, calamiteuse. Nous allons rester mobilisés pour faire en sorte que le peuple malien puisse retrouver le chemin de la grandeur désormais. Enfin le Mali sera le maître de son destin. 

L’alternance est devenue un devoir au regard des 4 ans de gouvernance calamiteuse, de corruption, de détournement. Pour aller plus loin, l’alternance est devenue une religion aujourd’hui.  D’ailleurs, c’est devenu une exigence en ce moment. C’est pourquoi nous travaillerons à rassembler toutes ces forces politiques,  ces forces sociales,  ces forces progressistes pour aller à la conquête et à l’exercice du pouvoir de façon démocratique. C’est pour dire que nous ne sommes pas des putschistes mais nous sommes des républicains. Depuis deux mois, toutes nos actions ont été inscrites dans le cadre de la loi, du respect des textes et de nos valeurs.        

 

Abdoulaye Mangara  de l’association Kaoural Renouveau

« Le Président de la République a compris son peuple »

C’est une victoire pour nous. Il n’avait pas le choix face à un peuple déterminé à prendre son destin en main. Je pense que le Président de la République a compris son  peuple pour sursoir à l’organisation de ce referendum. Il fallait ça pour apaiser les choses, car le peuple malien se sentait pris à contrepied par la révision de la Constitution. Nous resterons vigilants pour sauvegarder nos acquis démocratiques. J’espère que nous resterons unis pour faire changer les choses dans ce pays.

Source: Le Challenger

A propos du sursis au referendum : réaction des hommes politiques et citoyens

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, Président de la CDS Mogotiguiya

« Nous sommes parfaitement en phase avec le Chef de l’Etat »

C’est une décision qui est conforme à la gestion politique du Président Ibrahim Boubacar Kéïta parce qu’il a pris une décision politique de réformer qui, historiquement, se justifiait largement et était conforme à son souci et à ses engagements de réformer l’Etat et de mettre le Mali au diapason des Etats modernes. Cependant, son évaluation de la situation actuelle, à travers les différentes rencontres et consultations qu’il a menées avec toutes les couches, l’a conduit à revoir l’opportunité de la révision constitutionnelle qu’il avait initiée. Et cela, pour que le Mali ne se fragilise pas davantage. C’est de sa responsabilité. Il a affirmé cette responsabilité dans son adresse d’hier soir. En cela, nous sommes parfaitement en phase avec le Chef de l’Etat.  

 

Madani Tall, Président du Parti ADM

« Le Président de la République nous évite un voyage funeste »

Un bon conseil reste intemporel. Ainsi, il y a trois cents ans, le poète disait : «Seigneur, que l'intérêt de tant de gens de bien Vous fasse au moins surseoir ce voyage funeste ». En acceptant de sursoir à ce projet, en écoutant les conseils avisés et non les laudateurs, le Président de la République nous évite un voyage funeste et cela est à saluer, car le respect du peuple et l’humilité sont deux grands atouts pour qui entend bien gouverner.

Ce qui me rend particulièrement heureux dans la situation présente, est qu’elle vérifie un vieil adage voulant que les peuples aient les dirigeants qu’ils méritent. Par son engagement, le peuple malien a montré qu’il méritait d’être écouté. S’il s’était comporté en mouton, il aurait été traité comme tel.

Pour autant, nous partisans du Non, devons également avoir le triomphe modeste car le sage a dit : « une grande équipe sait gagner avec humilité et perdre avec fierté ».

Quant à ceux qui veulent le pouvoir, maintenant que ce projet de révision est, je l’espère, enterré, ils doivent le conquérir par les urnes. Nous devons rester profondément démocrates, irrémédiablement légalistes, définitivement républicains et résolument patriotes. Dieu veille.

 

Nouhoum Sarr, Président du parti FAD

« Nous ne sommes pas des putschistes  mais des républicains »

Cette adresse du Président de la République incarne la victoire du peuple malien. Comme nous l’avons toujours dit, la démocratie est le pouvoir du peuple  qui est le seul souverain dans une démocratie.  Le peuple malien, depuis deux mois, s’est mobilisé comme un seul homme, des dizaines de milliers de personnes, voire des millions de personnes, pour dire que la loi fondamentale qui est écrite noir sur blanc, ne peut pas être modifiée en catimini. Sinon, nous avons affirmé ici qu’elle n’est ni la Bible, ni le Coran et qu’on peut l’amender.  Aujourd’hui, le peuple malien a montré qu’il est fier et qu’il restera collé aux valeurs fondamentales de la nation malienne.

Le Président de la République a eu la sagesse de surseoir à la tenue du referendum. Sans ambages, je peux dire que ce sursis est un retrait définitif du projet référendaire. Nous avons dit qu’au sein de la Plateforme, la lutte ne fait que commencer parce que, comme vous savez, notre territoire est occupé. Aujourd’hui, les Maliens sont dans la détresse et pour cause, la gouvernance est chaotique, calamiteuse. Nous allons rester mobilisés pour faire en sorte que le peuple malien puisse retrouver le chemin de la grandeur désormais. Enfin le Mali sera le maître de son destin. 

L’alternance est devenue un devoir au regard des 4 ans de gouvernance calamiteuse, de corruption, de détournement. Pour aller plus loin, l’alternance est devenue une religion aujourd’hui.  D’ailleurs, c’est devenu une exigence en ce moment. C’est pourquoi nous travaillerons à rassembler toutes ces forces politiques,  ces forces sociales,  ces forces progressistes pour aller à la conquête et à l’exercice du pouvoir de façon démocratique. C’est pour dire que nous ne sommes pas des putschistes mais nous sommes des républicains. Depuis deux mois, toutes nos actions ont été inscrites dans le cadre de la loi, du respect des textes et de nos valeurs.        

 

Abdoulaye Mangara  de l’association Kaoural Renouveau

« Le Président de la République a compris son peuple »

C’est une victoire pour nous. Il n’avait pas le choix face à un peuple déterminé à prendre son destin en main. Je pense que le Président de la République a compris son  peuple pour sursoir à l’organisation de ce referendum. Il fallait ça pour apaiser les choses, car le peuple malien se sentait pris à contrepied par la révision de la Constitution. Nous resterons vigilants pour sauvegarder nos acquis démocratiques. J’espère que nous resterons unis pour faire changer les choses dans ce pays.

 La rédaction du challenger

Sursis du projet de révision constitutionnelle : Quand IBK renvoie les opportunistes et situationnistes au chômage

La décision du Président de la République de surseoir à l’organisation du referendum « tue » les affaires des opportunistes et des situationnistes qui avaient fait de cette question un véritable fonds de commerce.

La bataille autour de la révision constitutionnelle était devenue un business pour de nombreux jeunes et hommes d’affaires. Ces opportunistes et situationnistes qui se recrutaient dans tous les camps se frottaient les mains. Subitement, des associations et mouvements ont poussé comme des champignons. La décision du Président de la République de surseoir à l’organisation du referendum « tue » leurs affaires. Les différents camps mettaient énormément de moyens dans la mobilisation de leurs troupes. Comme le dirait l’autre, l’argent coulait à flot.  Les budgets n’étaient pas négligeables. Qu’il s’agisse des frais de mobilisation, carburant, location de minibus, achat d’eau, location de bâches et matériels de sonorisation, chaque participant à telle manifestation ou tel meeting était sûr de toucher un billet craquant de 2000 FCFA.

Ils sont nombreux les jeunes qui témoignaient avoir eu des stages grâce à leur appartenance à un mouvement. «C’est grâce à notre mouvement que j’ai eu un stage dans une entreprise. Je me battrai jusqu’au bout », témoigne un jeune leader d’association.

La décision présidentielle est accueillie de façon glaciale dans le milieu des opportunistes et situationnistes qui sont ainsi renvoyés au chômage. Ces petits malins traverseront désormais une période de vache maigre dans la mesure où les activités seront réduites, à la limite même arrêtées.   

Modibo L. Fofana

 Mali24

Cartes biométriques Cédéao : La sarabande des rapaces

L’on ne finira jamais de parler de ce marché de cartes biométriques Cédéao qui prouve à suffisance la déliquescence, voire la délitescence de l’Etat dont les pouvoirs se trouvent happés par une grosse pieuvre à la tête de l’Administration afin de les détourner au profit d’un nouveau lobby des affaires, surpuissant, au point d’amener un ministre de l’Economie et des Finances à désobéir à deux Premiers ministres successifs et à braver même la justice. Les pirouettes et coups bas que nous allons relater, à travers les différentes péripéties des souffrances infligées aux adjudicataires, donnent du tournis et mettent à nu la mauvaise foi de plusieurs des acteurs. D’ores et déjà, la crédibilité de l’Administration publique est en lambeaux.

Pour rappel, tout est parti de la décision du Gouvernement de se conformer à ses engagements vis-à-vis de la Cédéao en ce qui concerne la confection, pour les citoyens maliens, de cartes d’identité biométriques sécurisées Cédéao, couplées à une carte d’identification pour l’assurance maladie obligatoire.

 

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Cartes biométriques Cédéao : La sarabande des rapaces

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L’on ne finira jamais de parler de ce marché de cartes biométriques Cédéao qui prouve à suffisance la déliquescence, voire la délitescence de l’Etat dont les pouvoirs se trouvent happés par une grosse pieuvre à la tête de l’Administration afin de les détourner au profit d’un nouveau lobby des affaires, surpuissant, au point d’amener un ministre de l’Economie et des Finances à désobéir à deux Premiers ministres successifs et à braver même la justice. Les pirouettes et coups bas que nous allons relater, à travers les différentes péripéties des souffrances infligées aux adjudicataires, donnent du tournis et mettent à nu la mauvaise foi de plusieurs des acteurs. D’ores et déjà, la crédibilité de l’Administration publique est en lambeaux.

Pour rappel, tout est parti de la décision du Gouvernement de se conformer à ses engagements vis-à-vis de la Cédéao en ce qui concerne la confection, pour les citoyens maliens, de cartes d’identité biométriques sécurisées Cédéao, couplées à une carte d’identification pour l’assurance maladie obligatoire.

C’est ainsi que le Gouvernement avait mis en place, dès le début de l’année 2016, une commission chargée de l’étude de faisabilité du couplage entre les cartes d’assurance maladie obligatoire et les cartes d’identité nationale biométriques Cédéao. Dans cette commission siégeaient des cadres des deux ministères concernés, en l’occurrence le Ministère de la Sécurité et de la Protection civile et celui de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord ; en plus de cadres de la Caisse nationale d’assurance maladie (Canam), de l’Institut national de prévoyance sociale (Inps) et de la Caisse malienne de sécurité sociale (Cmss).

Ils étaient au nombre de onze personnes à cogiter pour présenter au Gouvernement un rapport daté de mars 2016 dont nous détenons copie et contenant les conclusions de l’étude de faisabilité ayant conduit le Gouvernement à prendre la décision d’instituer les cartes biométriques Cédéao sécurisées, notamment en adoptant le Décret n°2016-0253/P-RM du 29 avril 2016 portant institution et règlementation de la carte d’identité nationale sécurisée Cédéao couplée à l’Assurance Maladie.

Le Mali cité en exemple

Et dès lors les choses vont aller vite, très vite, au point que le Mali, qui a eu à abriter la tenue de la réunion des experts sur la carte biométrique Cédéao, a été félicité et cité en exemple au niveau de la Cédéao dont le directeur de la libre circulation, N’Faly Sanoh, qui présidait les travaux de cet atelier, avait animé un point de presse le 8 novembre 2016 à l’hôtel Olympe de Bamako pour faire l’état des lieux de l’avancement du processus de confection de cartes biométriques Cédéao aux journalistes. Et M. Sanoh d’affirmer à cette occasion que le processus enregistrait déjà des avancées notoires.

C’est pour rappeler le degré d’engagement des autorités maliennes à réaliser ce projet, en son temps. Ce qui divorce d’avec l’attitude de sabordage dudit projet adopté par le ministère des Finances, agissant certainement pour des intérêts autres que ceux du Mali, si nous savons que des projets de moindre importance et très budgétivores passent comme lettre à la poste.

Pour mettre en œuvre les dispositions du Décret n°2016-0253/P-RM du 29 avril 2016 portant institution et règlementation de la carte d’identité nationale sécurisée Cédéao couplée à l’Assurance Maladie, leministère de la Sécurité et de la Protection civile avait voulu aller vite au vu de l’urgence manifestée par les plus hautes autorités du pays. C’est pourquoi, sa Direction des Finances et Matériel, par lettre n°629/Mspc-Dfm du 05 mai 2016, sollicitait un marché par entente directe avec la société Cissé Technologie pour la fourniture de cartes nationales d’identité biométriques sécurisées Cédéao couplées à l’assurance maladie et l’exploitation de services associés.

Les exigences de la Dgmp-Dsp

Mais par lettre n°01640/MEF-Dgmp-Dsp du 16 mai 2016, la Direction générale des marchés publics et des Délégations de service public a informé la Direction des Finances et du Matériel du ministère de la Sécurité et de la Protection civile que sa demande d’entente directe ne remplissait pas les conditions fixées à l’article 58.2 du code des marchés publics et l’invitait donc à mettre en concurrence les entreprises évoluant dans le domaine par l’organisation d’un appel d’offres ouvert.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Car la Direction des Finances et Matériel du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile a, par bordereau d’envoi n°0253/MSPC-DFM du 14 juin 2016, soumis à l’avis juridique du directeur général des marchés publics et des Délégations de service public, le dossier d’appel d’offres relatif à la fourniture de cartes nationales d’identité biométriques sécurisées Cédéao couplées à l’assurance maladie. Il s’agit donc de cartes personnalisées et l’exploitation de services associés.

La Direction générale des marchés publics et des Délégations de service public, par lettre n°02009/MEF-Dgmp Dsp du 14 juin 2016, a donné son avis de non objection au dossier. En d’autres termes, le dossier est conforme à la loi et surtout au code des marchés publics. Ce qui a permis à la Direction des Finances et du Matériel du ministère de la Sécurité et de la Protection civile de publier l’avis d’appel d’offres dans le quotidien national « L’Essor » n°18202 du mardi 21 juin 2016 et à l’issue duquel six sociétés ont payé le dossier : Graphique Industrie, Cissé Technologie, Bigradap Group Technologie, M2M Group, Renform et Oberthur Technologie. C’est-à-dire trois entreprises maliennes et trois autres étrangères.

Dépouillement en présence d’un expert de la Cédéao

Mise en place suivant Décision n°380/Mspc-SG du 17 juin 2016, la commission d’ouverture, de dépouillement et de jugement des offres était composée du directeur des Finances et du Matériel du ministère de la Sécurité et de la Protection civile (président) ; de deux représentants de la même Direction des Finances et du Matériel ; d’un représentant de la Direction générale de l’administration des biens de l’Etat ; d’un représentant de la Direction des systèmes informatiques de la Canam ; d’un représentant de la Direction générale des marchés publics et des Délégations de service public (observateur).

Il faut préciser qu’en plus de ce beau monde, un expert de la Cédéao a participé aux travaux de la Commission de dépouillement des offres dans le but de s’assurer de la conformité des échantillons des soumissionnaires aux exigences de la Cédéao. Une disposition prévue par la Décision n°380/MSPC-SG du 17 juin 2016 portant mise en place de la commission d’ouverture, de dépouillement et de jugement des offres qui stipule, en son article 3 : « La commission peut s’adjoindre toute personne ressource pour ses compétences ». Raison pour laquelle, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a, par lettre n°1999/MSPC-SG du 13 juillet 2016demandé à la commission de la Cédéao de permettre que le directeur de la Libre Circulation et Tourisme soit présent aux travaux de la commission d’ouverture et de dépouillement des offres afin d’apporter son expertise.

C’est dans ce cadre que M. N’Faly Sanoh, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a participé à ces travaux et c’est le même expert qui animait la conférence de presse citée plus haut après avoir présidé, à Bamako, une rencontre des experts de la Cédéao sur la carte biométrique d’identité. En affirmant devant la presse que le Mali est avancé dans ce projet de confection de cartes biométriques Cédéao, il savait donc de quoi il parlait.

Suite à l’avis de réunion n°0974/MSPC-DFM du 13 juillet 2016, l’ouverture des plis a eu lieu le 21 juillet 2016 à 10 heures 05 minutes. Sur six (06) dossiers d’appel d’offres vendus comme cité ci-haut, trois (03) plis seulement ont été reçus et enregistrés au secrétariat de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile à la date et à l’heure d’ouverture des plis indiquées dans le dossier d’appel d’offres. Il s’agit notamment du pli n°01 : M2M,  pour un montant de 3,46 Euros, soit 2 269 FCFA Ttc et un délai d’exécution de 10 ans ; pli n°02 : Graphique Industrie, pour un montant de 9 438 573 380 FCFA Ttc et un délai d’exécution de 10 ans (sans indication de quantité) ; pli n°03 : Cissé Technologie, pour un montant de 13 000 FCFA Ttc par carte et un délai d’exécution de 10 ans.

Tentative de blocage du directeur des Marchés publics

Les deux premiers plis ayant proposé des offres non conformes au cahier des charges (Dossier d’Appel d’offres), le marché a été provisoirement attribué à la société Cissé Technologie, au terme de l’évaluation. Par la suite, le rapport de dépouillement et de jugement des offres a été soumis à l’avis juridique du directeur général des Marchés publics et des Délégations de service public par bordereau d’envoi n°0323/Mspc-Dfm du 28 juillet 2016.

Dans sa réponse, par lettre n°02438/MEF-Dgmp Dsp du 1er août 2016, le directeur général des Marchés publics et des Délégations de service public a sollicité les offres originales des soumissionnaires, de même que la preuve de la publication de l’avis d’appel d’offres. Ce qui sera fait par directeur des Finances et du Matériel qui a transmis lesdites offres originales et la preuve de publication de l’avis d’appel d’offres par lettre n°1062/Mspc-Dfm du 02 août 2016.

Mais contre toute attente, le directeur général des Marchés publics et des Délégations de service public, par lettre n°2516/Mef-Dgmp Dsp du 09 août 2016, a souhaité que l’appel d’offres soit déclaré infructueux pour des motifs qui n’ont rien à voir ni avec les exigences du Dossier d’appel d’offres (DAO) et sur lesquelles les soumissionnaires se sont basés pour faire leurs offres, ni avec le Code des marchés publics qui stipule en son article 74 : « Si aucune offre n’est reçue, si aucune des offres reçues n’est conforme au dossier d’appel d’offres ou si toutes les offres jugées conformes sont supérieures à l’enveloppe budgétaire, l’autorité contractante, sur l’avis motivé de la commission d’ouverture des plis et d’évaluation des offres, déclare l’appel d’offres infructueux. »

Dès cet instant, les masques commencent à tomber car sa vraie motivation surgit : il demande que le dossier soit relancé au gré d’un appel d’offres international, au motif que le prix unitaire proposé par l’attributaire provisoire était excessif. Qui est fou ! C’est la meilleure manière de faire revenir dans le business tous les perdants et après avoir étudié les offres de Cissé Technologie, savoir par où passer pour lui choper le business.

La décision du directeur de la Dgmp-dsp est mal fondée

Rappelons qu’entre –temps, un haut-d’en-haut qui court derrière ce juteux marché et qu’on cite derrière toutes ces manipulations, a eu le temps de passer voir la société partenaire de Cissé Technologie, notamment l’Imprimerie Nationale de France, pour lui demander de rompre avec Cissé Technologie et d’aller avec lui, si elle tenait encore à avoir ce marché. Criminelle méthode de mener des affaires !

C’est suite à cette demande d’annulation du marché par la Dgmp-Dsp que la Direction des Finances et du Matériel a saisi le Comité de règlement des différends de l’Autorité de régulation des Marchés publics et des Délégations de service public (Armp-Dsp) qui, par Décision n°16-043/Armds-Crd du 23 août 2016, a ordonné la poursuite du dossier. En effet, dans sa décision, l’Armds-Crd est formelle : « Dit bien que la décision d’infructuosité de la Dgmp-Dsp est mal fondée, ordonne la poursuite de l’appel d’offres en cause ». Voilà qui est clair !

Mais diantre ! Quelle mouche a donc bien pu piquer la Dgmp-Dsp pour s’acharner contre un fournisseur pour lui ôter le pain de la bouche au profit d’un autre ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit en réalité. C’est le cas de le dire puisque, en réplique, la Dgmp-Dsp va saisir la Section administrative de la Cour Suprême pour solliciter l’annulation de cette décision de l’Armp-Dsp. Dès lors, l’on se demande bien qui est si fort, si puissant pour engager ainsi le directeur des Marchés publics dans un pareil bras de fer ? Injustifié du reste !

La Cour suprême ordonne la poursuite de la procédure

Mais la Cour suprême, par son Ordonnance n° 28/CS-PSA du 03 novembre 2016, autorise la poursuite de la procédure d’attribution suite au désistement de la Dgmp-Dsp. Mais l’adjudicataire provisoire, notamment Cissé technologie, n’en était même pas encore à la moitié du chemin de croix que lui impose le lobby de kleptomanes financiers qui pense devoir et pouvoir s’adjuger tous les marchés publics juteux du pays. Jugez-en par la suite.

En effet, une Commission de négociation a été créée suivant lettre circulaire n°0027/Mspc-Sg-Dfm du 05 janvier 2017 et ses membres ont mené des négociations avec l’attributaire provisoire qui a pris en charge les réserves formulées par la Dgmp-Dsp en ramenant, d’une part, le prix unitaire de la carte de 13 000 FCFA à 9000 FCFA hors taxe/ hors douane, et d’autre part, en faisant de son partenaire stratégique, l’Imprimerie Nationale de France, un cotraitant au contrat avec une responsabilité solidaire.

Le ministre Boubou Cissé entre en action

Mais si ce n’est pas donc lui, c’est donc son patron ! Le directeur de la Dgmp-Dsp s’efface, mais c’est son patron, le ministre de l‘Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, qui va prendre le relais. Sur sa demande, d’autres négociations vont être entamées avec la société Cissé Technologie et son partenaire stratégique L’Imprimerie Nationale de France, pour revoir le prix à la baisse. La dernière négociation s’est déroulée le mercredi 29 mars 2017 dans les locaux dudit département, initiée par Dr Boubou Cissé en y conviant le ministre de la Sécurité et de la Protection civile par lettre n°0231/MEF-SG du 24 février 2017. Cissé technologie, de son côté, y a été invité par le directeur des Finances et du Matériel du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, par lettre N° 0345-Mspc-Dfm du 20 mars 2017.

A l’issue de laquelle, la société attributaire a proposé les prix suivants : 8 700 FCFA par carte si la première production de carte est de 10 000 000 de cartes ; 8 400 FCFA par carte pour une première production de 8 000 000 de cartes et 8 000 FCFA par carte pour une première production de 5 000 000 cartes.

Après ces propositions, il a été décidé de rendre compte au ministre de l’Economie et des Finances, qui aurait à son tour dit qu’il prendrait attache avec son homologue de la Sécurité et de la Protection Civile, avant toute décision finale. Patatras ! La procédure est restée à ce stade sans aucune action ou avancée.

Le Premier Abdoulaye Idrissa Maïga entre alors en action par lettre n° 425/PM-CAB du 20 juin 2017 pour instruire au ministre de la Sécurité et de la Protection Civile de poursuivre la procédure de passation dudit marché.

En exécution des ordres de sa hiérarchie, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, par lettre n°0332/Mspc-SG du 23 juin 2017, a demandé à son homologue de l’Economie et des Finances de lui faire parvenir les éléments de prix issus des dernières séances de négociations afin de lui permettre de parachever le projet.

Mais comme si les instructions du Premier ministre lui importaient peu, par lettre n° 0231/MEF-SG du 24 février 2017, le ministre de l’Economie et des Finances campe sur sa position, en revenant sur le fait que les prix sont élevés et qu’il propose un prix plafond de 6000 FCFA l’unité de carte biométrique, mais non couplée à l’assurance maladie obligatoire. Une façon de bloquer la procédure jusqu’à ce jour.

Le ministre des Finances fait dans l’illégalité

Pourtant, Dr Boubou Cissé semble très bien soutenu dans sa position car le couplage sera abandonné puisque deux marchés séparés seront lancés : un pour les cartes de la Canam et un autre pour les cartes d’identité et les cartes Nina. Des marchés attribués en gré à gré sous couvert de qui on sait (n’est-ce pas ce qu’ils voulaient) laissant l’adjudicataire provisoire, Cissé Technologie, dans l’impasse.

C’est dire que, finalement et en toute illégalité, on a procédé à un découplage pour en faire deux marchés distincts, déjà attribués pour laisser en rade Cissé technologie et son partenaire stratégique, l’Imprimerie Nationale de France. C’est ainsi qu’on a attribué deux marchés de gré à gré pour la confection de cartes d’identité nationale pour 1 milliard et de cartes NINA pour 2 milliards. En plus du marché de fournitures de cartes sécurisées à la Canam.

La décence recommandait que cela fût au profit des premiers adjudicataires, c’est-à-dire Cissé Technologie et sa partenaire, notamment l’Imprimerie Nationale de France. Mais que non ! La voracité de la toute puissante engeance ne le permet pas.

Mais qui est derrière tout cela ?

Au vu de tout ce bazar, des questions se posent et appellent forcément des réponses. D’abord, qui se trouve derrière Boubou Cissé pour qu’il ait le courage et la témérité de violer allégrement et impunément le Décret n°2016-0253/P-RM du 29 avril 2016 portant institution et règlementation de la carte d’identité nationale sécurisée Cédéao couplée à l’Assurance Maladie ? Et aussi pour qu’il ose poser des actes contraires à une ordonnance de la section administrative de la Cour suprême qui ordonne la poursuite de la procédure d’attribution de ce marché de cartes biométriques ?

Pourquoi le ministre de l’Economie et des Finances, a-t-il le culot de dire niet aux instructions du Premier ministre actuel et de son prédécesseur ? Tous les deux chefs du Gouvernement lui ont pourtant instruit de se conformer à l’ordonnance de la section administrative de la Cour suprême ! Mais il leur a tenu tête.

En plus, son homologue du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire, en réponse à la lettre du ministre de la Sécurité et de la Protection civile n°0258/Mspc du 08 mai 2017, relative au «Projet de fourniture de cartes nationales d’identité biométriques sécurisées Cédéao couplées à l’Assurance maladie personnalisée et l’exploitation de services associés pour le compte du ministère de la Sécurité et de la Protection civile », dans une lettre n° 0122Msah/Cab du 12 mai 2017, a été très clair : «Je voudrais que nos collaborateurs examinent la question du couplage de la carte d’identité biométrique sécurisée Cédéao avec la carte de l’Assurance maladie obligatoire en définissant au besoin une démarche progressive». Et le ministre Hamadoun Konaté d’insister dans la même lettre : «En tout état de cause il ne me semble pas envisageable le principe de découplage… ». Mais cela, Dr Boubou Cissé n’en a cure ! Il brave donc tout le monde concernant ce dossier, y compris la justice ! Qui est alors derrière lui pour qu’il puisse se permettre d’agir ainsi impunément ? Les langues, en tout cas, commencent à se délier et au Mali tout finit par se savoir.

De toute façon, cette force invisible qui est en train d’agir et de faire agir, il faut la chercher en dehors du gouvernement et pour pouvoir exercer une telle pression au mépris de la loi et des règles de décence administrative, il faut être plus puissant que ceux que l’on manipule. C’est une évidence !

A.D et N.D

 Source: Le sphinx

Macron, personnalité de moins de 40 ans la plus influente du monde

Il succède à Mark Zuckerberg et Serena Williams. Emmanuel Macron a été sacré personnalité de moins de 40 ans la plus influente de la Terre par le magazine Fortune. Il devient ainsi le premier Européen à arriver en tête du célèbre palmarès depuis 2012, selon le HuffPost. A la deuxième position on retrouve le patron de Facebook Mark Zuckerberg et les fondateurs de Didi Chuxing, Chen Wei et Jean Liu. Un autre homme politique s'est fait une place dans le top 10 : le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Le magazine Fortune décrit Emmanuel Macron comme "le plus jeune leader français depuis Napoléon", affirmant qu’il a réussi à "endiguer la montée du nationalisme en France" en battant Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles
Source: Challenges.fr

Au Sahel, la colère sourde des populations contre les troupes française

Après l'attaque terroriste qui a fait 18 victimes à Ouagadougou, l'opération Barkhane menée par la France dans la région affiche une nouvelle fois ses limites.

Ce sont deux nouvelles attaques qui illustrent le chaos dans lequel est plongé le Sahel. Dimanche 13 août, 18 civils ont été tués par des hommes armés à la terrasse d'un café de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Un scénario qui rappelle les raids menés par le groupe terroriste al-Qaida dans la région ces derniers mois, à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire, à Ouagadougou déjà ou à Bamako. Et quelques heures après l'effroi qui a de nouveau saisi «Ouaga» en cette soirée d'août, ce sont des militaires de la force de maintien de la paix des Nations unies au Mali (Minusma) qui étaient visés sur leur base de Tombouctou par des assaillants le 14 août.
Aux portes du désert, habitants et militaires sont autant victimes des djihadistes, qui mènent depuis leur défaite dans le nord du Mali face aux troupes françaises lors de l'opération Serval (2013-2014) une guérilla contre les gouvernements locaux et les troupes françaises et étrangères en mission sur place. Accueillis comme des «libérateurs» au Mali à leur arrivée, les soldats de Paris sont aujourd'hui accusés par les populations locales de contribuer à la déstabilisation du Sahel.
Il y a plus de militaires français sur le sol ouest-africain en 2017 qu'au lendemain de la vague d'indépendance en 1960. Le constat sonne bizarrement, alors que les dirigeants français affirment depuis une dizaine d'années à grands cris que «la Françafrique c'est fini». Une analyse que ne partagent pas les populations d'Afrique de l'Ouest, de la Mauritanie au Burkina Faso, qui voient les troupes de l'ancienne puissance coloniale multiplier les déploiements sur leurs terres.
À la fin du mandat de François Hollande, en mai, environ 4.000 soldats français étaient déployés dans la zone du Sahel. Un chiffre qui n'avait plus été atteint depuis la guerre d'Algérie. Le nouveau locataire de l'Élysée, Emmanuel Macron, y a effectué son premier déplacement à l'étranger en se rendant à la base de Gao au Mali pour rencontrer les troupes stationnées sur place. Cette forte présence ne passe pas inaperçue dans une région où le ressentiment contre l'ancienne colonie demeure très fort. «Entre 2013 et 2015, on a vu très rapidement après les signatures des accords de paix de Ouagadougou et Alger pour le Mali, que l’opinion malienne changeait vis-à-vis de la présence des troupes françaises. Les gens soutenaient l’opération Serval, mais ne comprenaient pas pourquoi cela se prolongeait par l’opération Barkhane.

Les habitants ont aussi eu le sentiment que la France “collaborait” avec des “ennemis” du Mali, comme le MNLA [Mouvement national de libération de l'Azawad, favorable à l'indépendance de ce territoire désertique situé au nord du pays, ndlr], avec des alliances sur le terrain», analyse Aurélien Tobie, chercheur et chargé de mission en faveur de la paix au Mali pour le Stockholm international peace research institute.
Un constat sur la colère d'une large partie de la population malienne que partage Naffet Keita, anthropologue spécialiste du djihad à l'université de Bamako. Celui-ci critique le bilan de l'opération française contre l'implantation du terrorisme dans la région et l'incapacité de la France à «s'adapter et mieux comprendre les acteurs réels en scène».
Beaucoup de Maliens du sud du pays reprochent notamment aux forces françaises de privilégier les intérêts des Touaregs qui peuplent le nord du Mali et sont de ce point de vue au centre des alliances entre groupes armés qui se font et se défont au rythme des saisons. «Les gens parlent beaucoup de la France fascinée par “les hommes bleus” –les Touaregs– qui seraient privilégiés à la population du sud», confirme le chercheur Aurélien Tobie.
«La France veut instrumentaliser les conflits»
Paris est plus généralement accusé de nombreux maux par les habitants qui côtoient ses militaires. Pour les populations locales, l'ex-puissance coloniale dissimule ses véritables motivations sur les raisons de sa présence renforcée sur le continent. Dans une note d'analyse datant de juillet 2016, le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (Grip), un centre de recherche indépendant fondé à Bruxelles en 1979, livre les résultats d'une enquête réalisée au Niger pour connaître l'opinion de ses habitants sur la présence de soldats étrangers sur son sol. Le résultat est accablant pour la France, mais aussi pour ses alliés. «Selon nombre de Nigériens, la France ne penserait qu’à ses propres intérêts, au détriment de la souveraineté du pays et sans recherche de réciprocité. Son intervention militaire au Sahel ne répondrait pas aux causes profondes de la déstabilisation de la région et contribuerait à la maintenir dans le sous-développement. En outre, Français et Américains mentiraient sur les raisons de leur présence, allant jusqu’à entretenir une violence servant leurs intérêts», affirme le Grip dans son rapport.
Cette idée que la France cache des choses sur le fondement de ses opérations est très répandue. Le Grip souligne également dans son enquête que pour beaucoup de Nigériens pensent que Paris a volontairement semé le chaos dans la région du Sahel en chassant Kadhafi du pouvoir en Libye, ce qui a contribué à un vaste mouvement de repli de combattants vers l'Afrique de l'Ouest et à une explosion du trafic d'armes. Une théorie qui a d'autant plus de poids «que le colonel Kadhafi était très populaire» au Niger, note le Grip.
Le discours dépasse les frontières du Niger. On le retrouve, par exemple, dans la bouche d'Oumar Diallo, qui vit à Dori, ville du nord du Burkina Faso où sont présentes des troupes de l'opération Barkhane. «Je suis contre cette présence militaire (dans le Sahel) car elle est un moyen armé pour assouvir les desseins inavoués de l'ancienne puissance coloniale. Les interventions dans le centre du Mali ou à Ouagadougou pour stopper l'invasion djihadiste sont un leurre. La réalité est que la France ne veut pas résoudre les conflits armés, mais les “gérer” les instrumentaliser», dit-il.
Une demande de transparence
Mais la réalité n'est pas si unicolore. Sur le terrain, de nombreux Maliens, Nigériens ou Burkinabé ne sont pas forcément favorables à un départ soudain de la France, mais davantage pour plus de transparence sur ses interventions. Début août, des centaines de personnes ont manifesté devant l'ambassade de France à Bamako. Ils répondaient à l'appel de trois mouvements de jeunes de la société civile pour dénoncer ce qu'ils appellent «la partialité de la France» dans le conflit qui opposent le Mali et des groupes armés.
Ben Diarra est le fondateur de l'un de ces mouvements nommé «On a tout compris». Il explique pourquoi il attend une clarification de la position française au Mali. «Cette présence militaire française ne répond pas aux attentes de la population. Nous on ne demande pas forcément le départ de la France, on veut juste clarifier les choses. Il y a un double jeu de la France dans cette histoire. Aucun président français n’a été salué ici comme François Hollande quand les soldats français ont libéré Gao et Tombouctou. Mais arrivés à Kidal, ils ont refusé que l’armée malienne entre dans la ville. C’est là que les doutes ont commencé. Le MNLA était en déroute devant les mouvements djihadistes, c’est la France qui leur a donné de la force. Demandez aux gens de Kidal. Tout le monde le sait. Pendant ce temps, nous on ne peut pas aller à Kidal. La France veut diviser le Mali (...) et faire main basse sur nos richesses naturelles», affirme-t-il.
Au Sahel, Paris est souvent accusé de vouloir sécuriser d'abord les précieuses matières premières présentes dans la région, comme les mines d'uranium exploitées par le groupe français Areva au Niger, plutôt que les populations. «Historiquement, les pays du Sahel tels que le Niger ou la Haute-Volta (ancien nom du Burkina Faso) avaient été conquis par la France pour des questions stratégiques et pas directement économique. Ce n’est qu’à la fin des années 1950 avec les premières recherches sur les ressources énergétiques et minières que la France a compris l’importance économique de cette région. Aujourd’hui la donne a changé. Ces régions sont extrêmement riches même si très peu d’informations sont disponibles sur la quantité et l’importance de ces richesses», note Abdoul Karim Saïdou, spécialiste de la politique burkinabè à l’Université Ouaga II.
Des bavures qui attisent un peu plus la colère
Déjà accusée de camoufler les raisons de son redéploiement sur le terrain, l'armée française est également pointée du doigt dans les pays où elle intervient pour dissimuler des bavures commises par certaines de ses unités. Le cas le plus sensible est sûrement celui d'un enfant malien tué par erreur par une patrouille.
Le 30 novembre 2016, dans les environs de Tigabatene, une localité située à une soixantaine de kilomètres de Tessalit, localité proche de la frontière algérienne dans le nord du Mali, Issouf Ag Mohamed avait été chargé par ses parents de rassembler les ânes pour aller chercher de l’eau. Ces parents retrouveront son corps sans vie marqué de nombreux impacts de balles le lendemain dans la zone où il a disparu.
La veille, des habitants avaient vu deux hélicoptères de l'armée française survoler la zone puis tirer sur une cible. L'armée française n'a jamais reconnu publiquement avoir tué l'enfant par erreur. Mais le magazine Jeune Afrique a eu accès au PV d'une réunion tenue à huis clos entre l'état-major français et des enquêteurs de l'ONU, qui révèle qu'un officier français a bien reconnu avoir abattu par erreur le jeune malien, avant de l'enterrer en catimini.
«La avure de l’armée française qui a tué par erreur un jeune berger a été très mal vécue. La réaction de la France a été très lente. Il y a eu un gros défaut de communication», analyse Aurélien Tobie, qui a coordonné une large enquête menée par le Stockholm international peace research institute pour mesurer l'opinion réelle des Maliens envers les actions de l'armée française. Dans ce but, 108 acteurs de la société civile malienne ont été interrogés. «On s’est rendu compte que les gens en contact avec les forces de la Minusma et Barkhane dans le nord du pays approuvaient bien plus leurs actions car ils voient des retombées dans leur quotidien (projets de développement, soins à l’hôpital etc). À l'inverse, les personnes que nous avons interrogé dans le sud du Mali, qui ont généralement un niveau plus élevé d'éducation mais sont aussi plus loin de la zone de conflit, étaient beaucoup plus critiques envers les troupes françaises ou des Nations unies», raconte Aurélien Tobie.
«C'est devenu même pire qu'avant»
Pour atténuer les critiques, l'armée française tente de communiquer pour donner une autre image de l'opération Barkhane, par exemple, en lançant des projets de développement local comme le creusement de puits. Les militaires essayent également de rester discret sur le plan militaire en laissant les honneurs aux forces maliennes, comme lors de la reconquête de Tombouctou où se sont les soldats maliens qui sont entrés les premiers dans la ville alors que les Français avaient largement contribué à défaire les djihadistes qui tenaient la cité.
Des efforts qui semblent insuffisants pour reconquérir l'opinion publique. «On le sait, leur présence n'est pas une œuvre de charité mais un dispositif géopolitique», dit Oumar Diallo, habitant de Dori, ville pivot dans le nord du Burkina Faso pour les troupes de Barkhane. «La vaste campagne de publicité avant l'opération Panga [menée par les troupes du Burkina, du Mali et du Niger avec le soutien des forces de Barkhane dans le nord du Burkina Faso] en dit long», ajoute-t-il.
Mais la pire publicité pour l'opération Barkhane et les militaires français à sa tête est son manque de résultats probants. La nouvelle tuerie dramatique à Ouagadougou –un pays qui avait été épargné par les attaques djihadistes jusqu'en 2016– conforte la population dans son opinion: les Français créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent. «On les voit ils sont là et on continue de nous attaquer. C’est devenu même pire qu’avant. On tue les gens au Sahel, au nord. Où sont les soldats français? S’ils veulent nous aider, ils n’ont qu’à nous aider en donnant du matériel seulement à nos soldats qui vont eux-mêmes faire le travail», s'indigne Adama Tapsoba, commerçant à Houndé, dans l'ouest du Burkina Faso.
Un discours majoritaire chez les habitants de la zone sahélienne aujourd'hui. Mais les dirigeants régionaux du Mali, Tchad, Niger, Mauritanie et Burkina Faso, que la France encourage à mettre sur pied une force d'opération régionale –le fameux «G5»— pour intervenir de manière rapide et efficace dans le Sahel, freinent aussi des pieds pour prendre le relais de Paris.
Camille Belsoeur
Rodrigue Arnaud Tagnan
Source : Slate.fr

 

Sursis au referendum : Le RPM salue la décision courageuse du président IBK

Communiqué du Rassemblement Pour le Mali (RPM) suite à la décision du président de la République de surseoir au référendum constitutionnel

Bamako, le 19 août 2017 - Avant de saisir l’Assemblée Nationale, le président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita a souverainement décidé d’initier une série de larges consultations avec l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

À la suite de ces consultations, bien que convaincu de la pertinence du projet, le président de la République, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale a décidé, dans l’unique et exclusif intérêt supérieur de la nation et de la préservation d’un climat social apaisé, de surseoir au projet de révision constitutionnelle.

Le Bureau politique national et tous les militants du Rassemblement pour le Mali (RPM) saluent de cette décision courageuse, républicaine et hautement patriotique du président de la République.
Le BPN-RPM salue l’esprit d’écoute et d’ouverture, le sens de partage et de convergence ainsi que le souci républicain constant du président de la République, notamment dans ce contexte particulier de l’histoire de notre jeune démocratie, pour la nation et son unité.

Aussi, le Bureau politique national engage tous les cadres, militants et sympathisants du Rassemblement pour le Mali (RPM) à rester mobilisés et déterminés dans leur soutien actif et indéfectible au président de la République, à s’approprier et largement partager cette décision
Le BPN-RPM invite tous les militants et tous les républicains à s’investir pour plus d’écoute, de compréhension mutuelle sur les questions d’intérêt national en particulier sur le projet de la révision constitutionnelle.
Le BPN appelle enfin ses militants et de tous patriotes du Mali à l’unité et au dépassement de soi afin que sous la direction de Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita notre pays chemine dans la fraternité, la paix retrouvée et dans une vision partagée du présent et de l’avenir.

POUR LE BPN-RPM
Le secrétaire à la Communication
El Hadj Sambi TOURE

 

Primature : COMMUNIQUE DE PRESSE

Le mardi 16 août 201 s'est tenue, à l'Hôtel de l'Amitié de Bamako la réunion plénière du Groupe des Négociateurs Africains sur le climat, sous la présidence effective de Monsieur Abdoulaye Idrissa MAIGA, Premier ministre, chef du Gouvernement.

Cette rencontre avait pour but d'actualiser la position globale du continent, à deux mois de la rencontre C0P 23 prévue en Allemagne, et de dégager la position commune de l'Afrique en vue de la tenue du COP 23, à travers une Plateforme dite de Bamako. Elle a enregistré la présence, aux côtés du chef du Gouvernement, des Ministres de l'environnement, de l'Assainissement et du Développement durable, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique.

Dans son adresse aux participants, M. Abdoulaye Idrissa MAIGA a rappelé l'importance toute particulière qu'attache le Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar Keita, au processus du C0P 23 et à l'élaboration d'une position commune africaine sur les questions de climat, d'environnement et de développement durable. Il a encouragé les participants à s'orienter, au cours des travaux, vers la formulation de propositions pertinentes permettant à l'Afrique et au monde de relever les redoutables défis du changement climatique et du développement durable.

il a souhaité que les contributions soient davantage plus axées sur les problématiques de l'adaptation et de l'atténuation dans la mise en œuvrer de l'accord C0P22.

Fait à Bamako, le 17 août 2017

Cellule de Communication de la Primature

 

Blocage du procès Sanogo et consorts : La CPI prête à prendre le relais

La visite que Mme Fatou Bensouda, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) va effectuer au Mali dans la première quinzaine de septembre prochain pour vérifier la situation des droits de l’Homme sera aussi l’occasion d’évoquer avec les autorités maliennes le blocage du procès de Sanogo et consorts qui inquiète des organisations internationales de défense et de promotion des droits de l’Homme, alors qu’une défaillance de la justice malienne permettrait à la CPI de se saisir du dossier, comme le prévoit le Statut de Rome qui fonde la Cour pénale internationale.

Après l’annonce du renvoi du procès de Sanogo et consorts, les familles des victimes avaient étalé leur amertume et l’une d’elles, une femme précisément avait fondu en larmes en s’écriant : “Dieu seul sait quand cette affaire sera-t-elle finalement jugée pour permettre de connaître la vérité”. Une façon pour elle de dire que ce renvoi sine die cachait mal les difficultés de l’Etat malien à faire tenir ce procès pour diverses raisons. Selon certaines sources, la reprise de ce procès était attendue entre les mois de juin et juillet 2017, mais l’atmosphère du pays surchauffée par cette histoire de projet de référendum ne permet pas encore de procéder à sa programmation dans le cadre d’une session spéciale de la Cour d’assises, comme nous le révèlait une de nos sources.

En attendant, du fond de sa prison, pourtant douillette, le fameux capitaine auteur du coup d’état de 2012, paradoxalement récompensé par un catapultage au grade de Général d’armée, a de quoi s’impatienter car, pour le moment, son dossier n’est pas à l’ordre du jour des activités nationales. Actualité oblige ! Le tollé soulevé par le projet de révision constitutionnelle est passé par-là.

Même si Amadou Haya Sanogo avait montré des signes d’empressement à être jugé, lors de l’ouverture du procès au mois de novembre de l’année dernière à Sikasso, l’Etat malien, bien au contraire, presse le pas lentement, tout en maintenant Sonogo et plusieurs de ses coaccusés en prison dans le cadre d’une détention préventive qui dure et perdure. Au point que certains ont osé parler de prisonnier politique, faisant ainsi allusion à l’embastillement prolongé de l’ex-chef du Cnrdre.

C’est parce qu’en réalité, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et le ministre de la justice ne devront pas être à l’aise lorsqu’il s’agira de faire tomber raide sur Amadou Haya Sanogo le couperet de Dame justice sur la tête du prisonnier le plus célèbre du Mali à l’heure actuelle.

En effet, Sanogo continue de réclamer son soutien à IBK comme pour rappeler la contribution qu’il a eu à apporter pour l’élection de l’actuel président de la République. Une façon très adroite d’exiger le retour de l’ascenseur.

Quant à l’actuel ministre de la Justice, il était l’un des avocats de Sanogo et les gens se demandent s’il faudrait vraiment en parler au passé. Une raison qui avait amené nombre d’observateurs à douter du caractère impartial de ce procès finalement renvoyé et dont la poursuite reste très attendue aussi bien par les Maliens que par la Communauté internationale, à travers de puissantes organisations de défense des droits de l’Homme telles que Human Right Watch et Amnesty international, lequel s’est d’ailleurs constitué partie civile au nom des victimes.

En effet, on se rappelle que le secrétaire général d’Amnesty International avait effectué le déplacement sur Bamako où il avait séjourné uniquement pour vingt-quatre heures afin de poser l’acte de constitution de partie civile.

Eventuelle défaillance de la justice malienne

A l’heure actuelle, les organisations internationales de défense des droits de l’Homme et toutes les instances de promotion de l’équité et de la justice dans le monde ont leur regard braqué sur le Mali pour suivre attentivement ce qui se passera avec le cas de Sanogo.

D’ailleurs, la situation de blocage qui semble se dégager de la gestion de ce dossier a amené ces organisations à se poser mout questions et d’évoquer une éventuelle défaillance de la justice malienne. Argument imparable, si c’est avéré, pour permettre à la Cour pénale internationale (Cpi) de se saisir de ce dossier suivi de très près, comme d’autres d’ailleurs au nord et au sud du Mali, par la Procureure de la CPI, Fatou Bensouda, qui ne manquera pas de s’y intéresser lors de la visite qu’elle effectue au Mali.

En effet, selon le Statut de la Cour pénale internationale (Satut de Rome entré en vigueur le 1er juillet 2002) notamment en son article 17, paragraphe 1, alinéa a : “Eu égard au dixième alinéa du préambule et à l’article premier, une affaire est jugée irrecevable par la Cour lorsque l’affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuites de la part d’un État ayant compétence en l’espèce, à moins que cet État n’ait pas la volonté ou soit dans l’incapacité de mener véritablement à bien l’enquête ou les poursuites”.  C’est justement au nom de cette disposition que les victimes, la partie civile et les organisations de défense des droits de l’Homme qui les appuient sont en train d’utiliser l’argument d’une éventuelle défaillance de la justice malienne qui devra amener la CPI à se saisir donc de ce dossier.                

 Alassane Barry

Aujourd'hui Mali 

INTÉGRALITÉ DE L'ADRESSE À LA NATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR LE PROJET DE RÉFÉRENDUM DU PROJET DE CONSTITUTION

Bismillahi Rahmani Rahim,
Mes Chers compatriotes,

J’ai engagé un processus de révision constitutionnelle pour remédier aux lacunes et insuffisances constatées dans l’exercice démocratique du pouvoir sous la 3e République issue de la Loi Fondamentale du 25 février 1992.
La Cour Constitutionnelle, juge de la constitutionnalité des lois, a rendu un arrêt qui requiert d’apporter certains amendements au projet de texte révisant la Constitution .
J’ai décidé, avant de saisir l’Assemblée Nationale, de procéder à une série de consultations pour recueillir davantage les préoccupations des maliennes et des maliens sur la révision constitutionnelle.
Je voudrais remercier toutes les personnalités consultées pour le souci du pays qu’elles ont démontré tout au long de ces dernières semaines. Je le dis en parfaite connaissance de cause, car c’est avec elles que j’ai bouclé un cycle d’échanges extrêmement fécond sur une situation qui interpelle toutes les consciences de notre pays.
Merci donc à tous les représentants des autorités religieuses, des notabilités traditionnelles, des institutions de la République, de la société civile, des formations politiques.

Merci pour la sincérité de vos analyses, merci aussi pour la franchise de leurs remarques, merci enfin pour la pertinence de leurs propositions.
Mes Chers compatriotes, 
L’une des grandes chances de notre pays réside dans le fait que dans les périodes les plus complexes, il se trouve toujours des hommes et des femmes qui se dévouent pour réduire les divergences et pour entretenir les chemins du dialogue. Or, aujourd’hui, nous Maliens avons impérativement besoin de nous écouter, de nous comprendre et d’aller ensemble de l’avant.
Cette triple exigence doit être gardée à l’esprit par tous nos compatriotes. Cette triple exigence s’impose tout particulièrement au Président de la République, Chef de l'Etat que je suis. Ma fonction fait en effet de moi le principal garant de la cohésion sociale et le premier défenseur de l’intérêt national.

Mes Chers compatriotes, 
Les échanges qui ont agité le pays au cours de ces dernières semaines ont porté sur le contenu de la Loi portant révision constitutionnelle et sur l’organisation d’un référendum pour l’adopter. Il ne me semble pas utile de revenir sur les arguments qui ont été développés à satiété dans un sens ou dans l’autre. Par contre, je regrette profondément les excès de langage et certains comportements qui ont entrainé les débats vers une passion inappropriée.
J’ai constaté que ce qui était à l’origine des divergences est hélas devenu au fil du temps de profonds clivages menaçant d’ébranler durablement notre cohésion nationale. J’ai enregistré avec inquiétude la montée des radicalités. Ces alarmes, nous les avons partagées, vous et moi. Je vous ai entendu exprimer vos craintes de voir notre cher pays dériver vers des affrontements tragiques.
Mes Chers compatriotes, 
En tant que Président de la République, mes responsabilités me font mesurer mieux que tout autre l’importance des défis qu’il nous faut relever pour extraire notre pays de la crise que nous affrontons depuis 2012. Il était, il est et il restera de mon devoir d’expliquer tous les bénéfices que la révision constitutionnelle apporterait au rétablissement de la paix, à la consolidation de nos institutions et à l’amélioration de la gouvernance de notre pays.

Mes Chers compatriotes, 
Je constate toutefois que dans le climat actuel ces explications peinent à être entendues et acceptées. Au regard de tout ce qui précède, et en considération de l’intérêt supérieur de la nation et de la préservation d’un climat social apaisé, j’ai décidé, en toute responsabilité, de surseoir à l’organisation d’un referendum sur la révision constitutionnelle. Pour le Mali, aucun sacrifice n’est de trop.
Je l’ai fait, parce qu’à l’heure où notre pays est confronté à tant de défis majeurs, on ne saurait ajouter aux périls existants ceux que font naître la mésentente, la polémique et le malentendu. Nous devons prendre le temps de nous retrouver pour échanger sans détour. Il me reviendra en tant que Président de la République à faire prendre les dispositions nécessaires pour que le dialogue qui s’engagera soit inclusif et dépassionné.
Je ne sous-estime pas le chemin que nous aurons à faire les uns vers les autres. Mais si chacun de nous place au-dessus de toute autre considération la sauvegarde de notre patrie, je ne doute pas que nous trouverons des points de convergence.

Je vous remercie
Qu’Allah bénisse le Mali.

L'ex-chef de la "police islamique" de Gao condamné à 10 ans de prison

Aliou Mahamar Touré, ex-chef de la "police islamique" de Gao, ville du nord malien contrôlée par les jihadistes entre 2012 et 2013, qui était accusé notamment d'avoir coupé la main à des voleurs présumés, a été condamné ce vendredi à 10 ans de prison par la Cour d'assises de Bamako.

"La Cour déclare l'accusé coupable de tous les faits qui lui sont reprochées, mais avec des circonstances atténuantes, et le condamne à une peine de 10 ans de réclusion criminelle", a déclaré le président de la Cour d'assises à l'issue d'un procès qui s'était ouvert vendredi matin dans la capitale malienne.


Le Figaro.fr avec AFP

SourceLe Figaro

MALI: le president de la république vient de surseoir à l'organisation du référendum

Le president de la république du Mali vient de surseoir à l'organisaion du référendum qui a divisé  les maliens entre du camp Non et du camp Oui. L'information est tombée lors d'un flash spécial su l'ORTM ce vendredi 18 aout 2017. Par ailleurs le camp du Non avait décidé de surseoir leur marche prevue ce samedi si le president de la république fait une declaraion officielle su le sursis du référendum. 

Intelligence Politique : Le Président IBK atteint de myopie politique !

Les concertations initiées sur la révision constitutionnelle par le Président IBK, depuis une dizaine de jours, viennent d’atteindre les familles fondatrices de Bamako c’est-à-dire les Niaré, Touré, Dravé et les leaders religieux. C’était le samedi 12 août 2017 à la résidence des Hôtes. Au préalable, il avait rencontré le vendredi 11 août 2017, une partie des forces vives de la nation à savoir les présidents, accompagnés des membres des bureaux des six chambres consulaires que sont la chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), l’Assemblée permanente des chambres de métiers du Mali (APCMM), la Chambre des mines (CM), le Conseil malien des chargeurs (CMC) et le Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR).

Le Président IBK au cours de ces différentes rencontres a mis l’accent sur la nécessité de réviser la constitution afin de prendre en compte certaines dispositions de l’accord d’Alger imposé par la France au peuple malien. En plus depuis le Président Alpha jusqu’à ATT, il y a eu des tentatives pour réviser le texte de la constitution mais en vain.

Pour IBK, cette fois-ci devrait être la bonne, du fait des engagements pris avec la Communauté Internationale. Voilà pourquoi, il tient à tenir son référendum constitutionnel, qui de surcroit est inopportun pour la majorité du peuple malien. Cette majorité pense qu’il faudra d’abord réunifier le Mali avant d’aller à un référendum fut-il exigé par l’accord d’Alger. Le constat est qu’il y a eu dès le départ dans cette affaire deux concepts de différents mais complémentaires pour aller à l’entente. Cette situation est normale, car elle aboutit au consensus, pour résoudre la question de la crise malienne.

Depuis l’annonce des pourparlers avec les rebelles pour octobre 2014 à Alger, l’opposition malienne avait suggéré au Président IBK de tenir une assise nationale afin de dégager une poposition nationale sur ce que le peuple malien peut accepter ou pas lors des négociations à Alger. IBK a pensé que cette idée était un piège tendu à lui par l’opposition, et que les résultats de cette assise allaient le bloquer dans l’initiative de ses solutions personnelles. Il a donc rejeté cette proposition de l’opposition, en prétextant qu’il a fixé une ligne rouge à ne pas franchir.

En réalité, cette ligne rouge n’existait même pas à plus forte raison de la franchir. Ce manque de dialogue a été le premier échec de la gouvernance d’IBK. Le projet d’accord soumis aux forces vives de la nation après les rounds d’Alger a reçu 13 pages d’observations pour lesquelles le Premier Ministre Modibo KEITA ancien Haut Représentant du Chef de l’Etat aux dites négociations s’était engagé à prendre en compte les dites observations.

Mais à Alger pendant le dernier round, les 13 pages d’observations des forces vives ont été jetées à la poubelle à Alger sans aucun commentaire, de la part d’IBK. Cet acte a constitué le deuxième échec d’IBK dans sa gouvernance. Le troisième échec vient du fait, qu’il a fait parapher au Ministre Abdoulaye DIOP des affaires étrangères le document de l’accord immédiatement à Alger, sans consulter les 16 millions des maliens.

Au même moment la CMA qui ne représentait qu’un soixantaine de milliers habitants au plus a refusé de parapher ledit document au prétexte qu’elle va se référer à sa base qui par la suite a refusé l’accord dans sa monture ancienne paraphé par l’Etat malien. La CMA a exigé et obtenu des amendements à l’accord et même un autre accord dit subsidiaire du 5 juillet 2017. Le quatrième échec, vient aussi du fait qu’IBK après avoir dit le 15 mai 2015 à Bamako, que les négociations étaient terminées, s’est vu contraint à aller signer un autre accord dit subsidiaire pour mettre la corde au coup de l’Etat malien.

Ce second accord exclu l’autorité centrale de la gestion des zones de conflit et la confie aux groupes rebelles à travers des Autorités Intérimaires. Le cinquième échec est lié à son projet de réforme constitutionnelle qui suscite assez de débats actuellement. A travers ce projet, le peuple se trouve divisé entre les partisans du OUI et du NON. Ce que les partisans du ‘’NON’’ reprochent à IBK, c’est la violation de l’article 118 alinéa 3 de la constitution qui interdit toute révision constitutionnelle pendant que l’intégrité du territoire est violée.

Pour les partisans du ‘’NON’’, il faudra faire pacifier le pays d’abord par cette Communauté Internationale qui lui en impose autant et qui l’oblige à aller à la révision de la constitution. IBK devrait dire à ses mentors de la France et de la Communauté Internationale de ramener la sécurité d’abord sur l’ensemble du territoire national avant de passer à une révision constitutionnelle. S’il ne le fait pas, c’est-à-dire qu’il n’est plus la solution pour un Mali dont les 2/3 et plus du territoire sont interdits à l’administration centrale.

En réalité sur quel territoire et avec quelle population, IBK compte-t-il tenir son référendum se pose le camp du ‘’NON’’? Le Président IBK frappé de myopie politique n’a pas pu répondre à cette question jusque-là. Les dernières consultations faites le samedi 12 août 2017, avec les religieux dont le peuple commençait à se douter de leur comportement face aux intérêts des populations du centre, comme du nord, et les familles fondatrices de Bamako, ne laissent pas l’ombre d’un doute sur leur volonté de voir ledit référendum reporté sire die jusqu’à la pacification du pays qui est un impératif, et une priorité.

Après cela on peut à une lecture consensuelle très approfondie du texte actuellement proposé. Cette option semble être la seule porte de sortie pour IBK, son gouvernement, et sa majorité présidentielle, déjà très bien fissurée sur la question. Sinon il devra choisir entre partir de lui-même ou le chao national. C’est en cela que je salue le courage des représentants des familles fondatrices de Bamako. Ils sont sur la ligne tracée par leurs prédécesseurs à savoir Diamoussandian NIARE, Sidi Mohamed TOURE, Diaguina DRAVE. 

Ivette GUINDO                    

Source: Le Carrefour

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